La course aux remèdes: 3 autres découvertes à surveiller

Dominique Lelièvre
Près d’un an après le début de la pandémie, la communauté scientifique poursuit sa quête pour mieux comprendre le coronavirus, concernant la durabilité de l’immunité notamment. Voici trois autres découvertes à surveiller.
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UN VAPORISATEUR NASAL TRAPPE LE VIRUS DANS LE NEZ

Un vaporisateur nasal développé par des chercheurs de l’Université de Birmingham, au Royaume-Uni, pourrait fournir une protection supplémentaire contre le coronavirus. Une fois appliquée dans la cavité nasale, la substance, qui contient notamment un composé antiviral, « capture » et enveloppe les particules du virus qui pénètrent dans le nez, tant et si bien qu’elles ne peuvent infecter l’utilisateur.
N’étant ni un vaccin ni un médicament, ce vaporisateur nasal ne remplacerait pas les autres mesures de protection comme le port du masque et le lavage des mains, d’autant qu’il ne protège qu’une seule porte d’entrée utilisée par le virus. Il n’empêche que, selon ses concepteurs, cet outil pourrait aider à réduire « significativement » la transmission du virus s’il est utilisé en combinaison avec les autres gestes barrières.
L’ASPIRINE ÉVALUÉE EN TANT QUE TRAITEMENT POUR LA COVID-19

Bien connue, sûre et peu coûteuse, l’aspirine sera évaluée dans le cadre de l’un des plus grands essais cliniques du Royaume-Uni, l’essai Recovery, pour déterminer scientifiquement si elle peut aider les patients de la COVID-19, et dans quelle mesure. On sait que le coronavirus augmente, chez certaines personnes, le risque de formation de caillots sanguins, pouvant entraîner des complications dangereuses. Or, l’aspirine est connue pour sa faculté à fluidifier le sang. Selon l’agence Reuters, dans le cadre d’une étude, environ 2000 patients choisis au hasard recevront 150 mg d’aspirine par jour, et on comparera leur trajectoire clinique avec celle de 2000 autres patients qui poursuivront simplement leur traitement standard.
UNE IMMUNITÉ PLUS DURABLE QU’ON LE PENSAIT
Des indices encourageants indiquent que l’immunité naturelle procurée par une infection par le nouveau coronavirus pourrait possiblement durer plusieurs années. C’est ce qui est avancé par des chercheurs californiens, après avoir constaté dans le sang de plusieurs personnes guéries de la COVID-19 un nombre toujours important de cellules immunitaires, suggérant que leur corps serait capable de repousser le virus et d’empêcher une seconde infection, a rapporté ce mois-ci le New York Times. En plus, ces cellules ne semblaient pas décliner rapidement. L’étude, qui n’a pas été encore révisée par des pairs, portait sur 185 participants, dont 41 ont fourni des échantillons plus de six mois après la maladie. Des études précédentes avaient laissé entendre que les niveaux d’anticorps dégénéraient assez vite. Les anticorps ne sont cependant qu’une arme du système immunitaire, qui compte aussi sur d’autres types de cellules pour se protéger.
Ce qu’en pense le doc Béliveau
Ces résultats sont très encourageants, d’autant plus que certaines études récentes avaient rapporté une baisse des taux d’anticorps quelques mois après l’infection, soulevant des inquiétudes quant à la durée de la réponse immunitaire. Mais l’immunité est beaucoup plus qu’une question d’anticorps, et cette étude très bien réalisée s’est penchée sur les autres piliers de la réponse immunitaire, en particulier les deux types de lymphocytes T (CD4+ et CD8+) qui éliminent les cellules infectées. Chacune de ces facettes de l’immunité est fortement activée à la suite de l’infection, ce qui permet une réponse immunitaire coordonnée et surtout le développement d’une mémoire durable qui va permettre de neutraliser rapidement l’infection en cas d’exposition répétée au virus. En d’autres mots, le système immunitaire fait son travail admirablement, ce qui est attendu, si on considère qu’une immunité résiduelle au proche cousin du coronavirus actuel (SARS-CoV-1) a été observée plus de 15 ans après l’infection, qui souligne la durée de la protection immunitaire. Par contre, la qualité de la réponse immunitaire peut varier considérablement d’une personne à l’autre (ce qui pourrait expliquer certains cas de réinfection, même si ceux-ci sont extrêmement rares), mais l’arrivée d’un vaccin devrait--- permettre de rendre cette réponse plus homogène et de réduire les variations inter-individuelles.