La COVID ne ralentit pas les cueilleurs
Pris d’assaut, les vergers réussissent à faire respecter les consignes


Jérémy Bernier
Le passage en zone orange n’a pas empêché des milliers de Québécois d’envahir les champs pour aller cueillir des pommes samedi, au grand bonheur des propriétaires de vergers qui assurent ne pas avoir de problèmes à faire respecter les mesures sanitaires.

« On a seulement perdu un client cette saison parce qu’il refusait de porter le masque. Les gens sont vraiment compréhensifs et ça se passe bien en général », raconte Raynald Drouin, propriétaire de la ferme du même nom, à l’île d’Orléans.
D’ailleurs, si M. Drouin craignait le contraire, les visiteurs se sont présentés en grand nombre cette année.

Alors que les trois quarts de la saison d’autocueillette, qui se déroule du 15 août au 10 octobre dans son verger, sont passés, M. Drouin affirme qu’il a accueilli plus de clients que l’an dernier à la même période.
Les mesures sanitaires ont évidemment apporté certains défis de logistique, mais le propriétaire assure s’être plié aux demandes de la Santé publique dès le début, craignant de perdre le fruit de son labeur si la COVID s’invitait dans son verger.
Catastrophe
« Ce serait catastrophique si on devait fermer, à cause d’un passage en zone rouge ou d’une éclosion, par exemple. L’autocueillette, c’est la moitié de mon revenu pour l’année », souligne M. Drouin.
Une crainte partagée par le propriétaire de la cidrerie et verger Bilodeau, Claude Bilodeau. Pour s’assurer qu’il y ait le moins de contact possible entre les visiteurs, des rangées de pommiers supplémentaires ont été ouvertes pour la cueillette.

Plusieurs règles
« Ce n’est pas comme les autres années où les gens étaient tous collés ensemble. On fait vraiment attention et on répète souvent les règles [de la Santé publique] parce que ce serait catastrophique pour nous de fermer à ce temps-ci de l’année », estime M. Bilodeau.

L’embauche de plus d’employés et l’achat de matériel pour s’assurer du bon respect des mesures sanitaires ont augmenté ses dépenses de 25 %. Mais c’est « un coup à donner » pour rester ouvert, lance le propriétaire.