Masques N95: la CSN accuse le gouvernement de manquer de transparence


Stéphanie Martin
Le refus persistant du gouvernement de fournir des masques N95 à tous les travailleurs de la santé à risque est une façon de gagner du temps «pour couvrir son manque d’approvisionnement», estime la CSN.
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«Qu’est-ce qu’on attend? C’est quoi le problème?» lance Jeff Begley, président de la Fédération de la santé et des services sociaux à la CSN.
Le syndicat milite depuis des mois pour que les masques N95, plus efficaces contre les aérosols, soient fournis à tous les travailleurs de la santé à risque, dont les employés des CHSLD. Le rapport du ministère de la Santé sur la qualité de l’air, rendu public la semaine dernière, leur donne raison, martèle M. Begley.
Aérosols
Le rapport confirme en effet que le virus se transmet par les aérosols, soit les gouttelettes microscopiques projetées dans l’air. Celui-ci s’ajoute à une série de preuves qui s’accumulent, insiste le président. «On a une autre confirmation qui embarque. Il faut admettre que c’est un problème.»
M. Begley affirme que le gouvernement manque de transparence et cherche à masquer son manque d’équipements. Depuis le début de la pandémie, dit-il, les autorités refusent d’expliquer leur décision de ne pas fournir les masques aux travailleurs.
Prévention
La CSN compte également faire passer son message auprès de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST). «On va insister auprès de la CNESST. On va leur rappeler que c’est leur rôle de faire de la prévention. À partir du moment où tout le monde dit que les aérosols, c’est problématique, qu’est-ce qu’ils attendent pour jouer leur rôle?»
Du côté du cabinet du ministre de la Santé, Christian Dubé, l'attachée de presse Marjaurie Côté-Boileau a indiqué que la priorité est de protéger le personnel de la santé. Elle affirme que les équipements de protection individuelle (EPI) «sont en quantité suffisantes et disponibles à travers le réseau de la santé, partout au Québec».
Cependant, «les EPI doivent être utilisés par le bon professionnel, au bon moment», ajoute le cabinet, qui rappelle que l’INSPQ a réitéré au mois de septembre que les masques N95 doivent être utilisés lorsqu’il y a présence d’aérosol lors des procédures médicales. «Or, pour ces procédures, ces masques sont tout à fait disponibles, et la mise à jour de la Santé publique quant à la ventilation ne vient aucunement changer ce fait.»
APPEL À TOUS
Le Journal est à la recherche de témoignages de gens qui ont été porteurs de la COVID-19 sans le savoir et qui ont vu leur entourage tomber malade alors qu’eux-mêmes n’avaient aucun symptôme. Depuis le début de la pandémie, de nombreuses personnes asymptomatiques ont contaminé leur entourage sans le savoir. C’est notamment arrivé dans des CHSLD et des milieux sportifs. Nous aimerions vous entendre si vous avez vécu une telle situation.
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