Peu de huées durant l’hymne canadien: la foule vient en aide à la chanteuse

Photo portrait de Dave Lévesque

Dave Lévesque

2025-02-21T01:24:56Z
2025-02-21T01:31:37Z

L'hymne national du Canada a été peu hué en début de match à Boston et pas du tout après la victoire des Canadiens en prolongation.

Ça n’avait rien à voir avec ce qu’on a vu à Montréal le week-end dernier. Cette fois-ci, les partisans américains ont un peu hué l’Ô Canada, mais rapidement les spectateurs se sont mis à accompagner la Winnipegoise Chantal Kreviazuk, qui a déjà connu de meilleures soirées au bureau. Disons seulement que son interprétation ne passera pas à l’histoire.

Les joueurs canadiens ont été hués, mais on a surtout entendu les «USA! USA! USA!» que les partisans américains ont scandé à profusion et ça concorde avec ce qu’un représentant du Journal avait constaté avant la rencontre.

Même si leur hymne national a été hué de bout en bout lors du premier affrontement entre les deux équipes, à Montréal, samedi dernier, les partisans américains rencontrés par le collègue Jonathan Bernier au TD Garden de Boston avant la rencontre n’avaient pas l’intention de servir la même médecine à l’Ô Canada.

«Il n’y a pas de place pour la politique ce soir. On se concentre sur le hockey et on n’embarque pas dans toute cette bullshit. Ce qui se passe sur la glace, ce sont des joueurs de hockey qui jouent au hockey. Je ne crois pas que ce qui se passe à l’extérieur ait quoi que ce soit à voir avec ça», a insisté Chris Leduc, qui attendait depuis 15 ans que les États-Unis aient leur revanche après le but en or de Sidney Crosby en prolongation lors des Jeux olympiques de Vancouver, en 2010.

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«Personnellement, il n’est pas question que je hue l’hymne national canadien. Jamais. Ça n’a rien à voir avec ce qui se passe ce soir. Je sais que c’est arrivé à Montréal. Laissons ça là. J’espère que ça n’arrivera pas ici. J’ai des membres de ma famille qui ont servi pour les deux pays. Oui, on va encourager notre pays, ce soir. Mais on ne huera personne.»

Chris Leduc, Chase Leduc et Stephan Mogilnicky, des partisans américains qui n’avaient pas l’intention de huer l’hymne national canadien lors de la finale de la Confrontation des 4 nations au TD Garden de Boston, jeudi.
Chris Leduc, Chase Leduc et Stephan Mogilnicky, des partisans américains qui n’avaient pas l’intention de huer l’hymne national canadien lors de la finale de la Confrontation des 4 nations au TD Garden de Boston, jeudi. Photo JONATHAN BERNIER

Même son de cloche de la part d’Auston Daniels, qui faisait partie d’un autre groupe.

«La politique n’a rien à voir avec ce qui se passera ici, ce soir. On joue tous pour notre pays. Les joueurs des deux équipes veulent défendre l’honneur de leur pays respectif. Ils vont tout laisser sur la glace, mais c’est pour le hockey, pas pour la politique», a dit Auston Daniels.

Trump s’en mêle

On s’est demandé pendant un moment si le président des États-Unis serait présent au TD Garden, mais Donald Trump a fait savoir, jeudi matin, qu’il devait prononcer un discours devant les gouverneurs à Washington en soirée.

Trump, qui s’est adressé aux joueurs américains au cours de la journée, ne s’est pas gêné pour taper une fois de plus sur un clou dont la tête commence à être profondément enfoncée.

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«[...] Je vais encourager ses joueurs à obtenir la victoire contre le Canada, qui, un jour, deviendra notre bien-aimé et très important 51e État, avec des taxes nettement plus basses et une sécurité beaucoup plus renforcée», a-t-il écrit sur son réseau Truth Social.

Au cours de la journée, son vice-président, JD Vance, a repris la même idée en plus d’en ajouter sur les huées qui ont été entendues à Montréal lors des matchs impliquant les États-Unis la semaine dernière.

«Nous aimerions que vous leur bottiez le derrière à nouveau parce qu’on ne hue pas les États-Unis d’Amérique», a-t-il affirmé au journaliste Benny Johnson.

«Et le Canada, si vous ne gagnez pas, les tarifs seront encore plus élevés», a-t-il ajouté en disant qu’il blaguait et que c’était une décision qui relevait de Donald Trump.

Huées au Canada

Depuis que le président américain, Donald Trump, menace d’imposer des tarifs douaniers de 25% sur les importations canadiennes, les partisans lors d’événements sportifs tenus au Canada ont commencé à huer l’hymne national américain.

Les partisans des Canucks de Vancouver et des Sénateurs d’Ottawa l’ont fait. Ceux des Raptors de Toronto aussi. Il était évident que la situation allait se répéter lors de la Confrontation des 4 nations, un rendez-vous autrement significatif puisqu’il oppose des pays et non des équipes.

Les amateurs de Montréal ne se sont donc pas gênés pour manifester leur désaccord en huant de façon assez soutenue l’hymne américain lors du premier match de l’équipe contre la Finlande, jeudi dernier.

C’est tout ce qu’il fallait pour politiser un événement qui était d’abord sportif.

«Je n’ai pas aimé ça. C’est tout ce que j’ai à dire», avait mentionné Matthew Tkachuk, visiblement frustré après la rencontre.

Les gants tombent

Il était donc évident que la rencontre entre le Canada et les États-Unis, présentée au Centre Bell samedi dernier, serait chargée en émotions.

Les huées ont commencé lors de la présentation de la formation américaine à l’écran géant.

Et ça ne s’est pas arrêté là. Elles se sont poursuivies quand l’ancienne patineuse artistique Michelle Kwan s’est amenée sur la glace pour présenter l’équipe des États-Unis. Il a été impossible d’entendre ce qu’elle disait et les huées se sont poursuivies pendant l’interprétation du Star-Spangled Banner.

Les frères Tkachuk ont répliqué dès la mise en jeu initiale en amorçant le match comme dans le film Slap Shot. Matthew a jeté les gants face à Brandon Hagel, puis Brady s’est frotté à Sam Bennett dès la reprise du jeu.

Tout ça s’est terminé par une rixe entre Colton Parayko et JT Miller. Il n’y avait alors que neuf secondes d’écoulées au match.

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