La guerre au temps de TikTok

Photo portrait de Philippe Léger

Philippe Léger

2021-05-19T09:00:00Z

Dans ce nouveau conflit israélo-palestinien, il y a beaucoup de déjà-vu.

Des célébrations religieuses et nationales, une colonisation israélienne de territoires palestiniens, le Hamas – organisation terroriste palestinienne – qui profite du conflit, de l’antisémitisme primaire et beaucoup d’instabilité politique. 

Mais il y a quelque chose de nouveau : TikTok. 

Ce réseau social, qui diffuse des vidéos en continu, s’impose comme un acteur central du conflit. 

Suffit de se rendre sur l’application et de s’intéresser au conflit pour être rapidement confronté à de la pure propagande numérique, tant du côté israélien que palestinien.

On retrouve des vidéos de jeunes Palestiniens qui marchent sur le drapeau israélien, des soldats israéliens qui se moquent de la souffrance palestinienne, des affrontements civils entre Juifs et Arabes. Tout pour attiser les frustrations et les ressentiments identitaires. 

Bref, du nationalisme numérique, sans loi ni limite, qui alimente les tensions civiles et embrigade les jeunesses respectives dans une pensée manichéenne. 

Origine

À la racine du conflit, plusieurs journaux notent que les premières tensions se sont manifestées sur TikTok. 

En avril, c’est un jeune Arabe giflant un juif orthodoxe dans un métro qui est relayé sur la plateforme. En réaction, de jeunes Israéliens d’extrême droite partagent des raids anti-arabes. On y publie ensuite, de part et d’autre, des affrontements civils. 

Un triste enchaînement d’événements qui commence sur TikTok et se termine par un conflit militaire.

En plus de ce terreau fertile à la radicalisation citoyenne, TikTok et compagnie contribuent à une désinformation massive du conflit.

Ils nuisent au travail journalistique qui tente de débusquer les mensonges institutionnels, vérifier les images et montrer la réalité. 

Ils nuisent à la pacification du conflit.

Ces plateformes monnaient ces violences en engendrant des vues, des clics, du temps passé sur leur plateforme. Ces conflits leur profitent.

Si ce n’était pas le cas, ils réglementeraient ce qui circule chez eux.

Ils s’entêtent à ne pas le faire. Au détriment de la stabilité mondiale. Encore une fois.

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