Face au variant Delta, la Nouvelle-Zélande s’interroge sur sa stratégie «zéro COVID-19»

AFP

2021-08-22T04:36:12Z
2021-08-22T09:29:35Z

La Nouvelle-Zélande a reconnu dimanche que sa stratégie «zéro COVID-19» était menacée par la propagation du variant Delta.

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«Le [Delta] ne ressemble à rien de ce que nous avons connu depuis le début de la pandémie», a avancé le ministre. «Cela change tout, cela signifie que toutes nos mesures existantes semblent moins adaptées, et cela soulève des questions sur l’avenir de notre stratégie à long terme», a déclaré le ministre responsable de la Lutte contre la COVID-19, Chris Hipkins, sur la chaîne TVNZ.

Il a fait état de 21 nouveaux cas liés au foyer épidémique apparu la semaine dernière à Auckland. Le premier cas de contamination d’origine locale en six mois a conduit à un confinement national.

M. Hipkins a affirmé que ce foyer épidémique était beaucoup plus difficile à contenir que les précédents, car le variant Delta est nettement plus contagieux.

«Sa forte contagiosité et la vitesse à laquelle le virus s’est propagé sont des éléments qui, bien que nous ayons pris les meilleures mesures de prévention au monde, ont mis notre système à rude épreuve», a-t-il déclaré.

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La Nouvelle-Zélande a été saluée à l’étranger pour sa gestion efficace de l’épidémie de COVID-19 qui, jusqu’à présent, n’a fait que 26 morts dans une population de cinq millions d’habitants. L’archipel a mis en place un strict contrôle aux frontières et a décrété des confinements dès l’apparition de cas locaux.

L’Australie voisine poursuit également un objectif «zéro COVID-19», compromis depuis mi-juin par une flambée continue de cas de coronavirus liés au variant Delta.

En Nouvelle-Zélande, cette épidémie a mis en évidence la lenteur de la campagne de vaccination, et des voix se sont élevées pour critiquer le laxisme du gouvernement. Seulement 20% de la population est entièrement vaccinée, soit l’un des taux les plus faibles du monde parmi les pays développés.

Le porte-parole du Parti national Chris Bishop a estimé que cette nouvelle épidémie pointait les lacunes du gouvernement en matière de vaccination, en raison notamment de difficultés d’approvisionnement. 

M. Hipkins a souligné que l’élimination demeure la priorité absolue, alors que le nombre de nouveaux cas s’élève désormais à 72 cas actifs, dont 66 à Auckland et six à Wellington.

Des cas ont été enregistrés dans plusieurs lieux très fréquentés, notamment des écoles, des églises et des supermarchés, et les autorités estiment que près de 9000 personnes pourraient être des cas contacts.

Le confinement national doit prendre fin mardi soir, mais M. Hipkins a indiqué qu’Auckland pourrait faire l’objet de nouvelles restrictions même si elles sont levées ailleurs. 

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