La pandémie a accentué les dettes hypothécaires résidentielles
Agence QMI
La crise de la COVID-19 a augmenté l’endettement hypothécaire résidentiel au pays, selon une étude de la Société canadienne d’hypothèques et logement (SCHL) publiée jeudi.
Cette hausse au cours des six premiers mois de l’année s’explique notamment par les reports de paiement hypothécaires accordés par les institutions financières canadiennes en raison de la pandémie. Ces reports pouvaient durer jusqu’à six mois.
Au total, 760 000 paiements hypothécaires ont été reportés ou sautés, soit 16 % des prêts hypothécaires résidentiels accordés par les banques à charte. Le montant de ces remboursements reportés est estimé par la SCHL à plus de 1 milliard $ par mois.
«Nous avons observé une forte hausse du crédit hypothécaire à l'habitation non remboursé au cours des cinq premiers mois de 2020», a précisé la spécialiste principale pour la recherche sur le logement à la SCHL, Tania Bourassa-Ochoa.
«Cette accélération de la croissance du crédit hypothécaire s'explique par l'augmentation des prêts hypothécaires nouvellement prolongés, étant donné que les ventes de propriétés résidentielles ont augmenté à la fin de l'an dernier et au début de cette année, et par le nombre record de propriétaires qui ont reporté leurs paiements hypothécaires en raison des répercussions de l'arrêt des activités provoqué par la pandémie», a-t-elle noté.
Il y a donc «risque d'une augmentation importante des prêts hypothécaires en souffrance» dans la deuxième moitié de cette année à l'échéance des reports, selon l’organisme fédéral.
Grâce notamment aux reports, les prêts hypothécaires en souffrance depuis au moins 90 jours sont restés à des «niveaux faibles pour tous les types de prêteurs hypothécaires».
La SCHL s’attend aussi à ce que les remboursements hypothécaires anticipés ou accélérés diminuent en raison de la crise de la COVID-19, ce qui devrait alourdir l’endettement.
Elle a souligné que toutes les banques à chartes sont touchées par les reports, une mesure extraordinaire accordée pour stabiliser les marchés afin d’éviter une cascade de défaut de paiement. Ce phénomène affecte également les autres institutions financières non bancaires qui accordent des prêts résidentiels.
«Environ 10 % des emprunteurs hypothécaires ont demandé le report de leurs paiements hypothécaires par l'entremise de sociétés de placement hypothécaire (SPH) et d'autres entités de placement hypothécaire (EPH)», a précisé la SCHL.