Coronavirus: la Russie bat son record de nouveaux cas quotidiens

AFP

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2020-10-09T15:09:46Z

La Russie a enregistré vendredi 12 126 nouveaux cas quotidiens de coronavirus, dépassant le pic du mois de mai quand le pays observait un confinement strict qui pour l’heure n’est pas à l’ordre du jour. 

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Le précédent record était de 11 656 contaminations en 24 heures au mois de mai. À l’époque, la grande majorité des commerces et lieux de loisir étaient fermés et les Russes confinés dans l’espoir de stopper le virus.

Ces mesures ont été subitement levées en juin, avant une grande parade militaire à Moscou et le vote d’une réforme constitutionnelle ayant notamment donné à Vladimir Poutine le droit de rester au pouvoir jusqu’en 2036.

Mais alors que les nouveaux cas recensés grimpent en flèche depuis début septembre, le retour de mesures drastiques, comme au printemps, n’est pour l’instant pas clairement envisagé par les autorités.

Vendredi, le Kremlin a indiqué que si la situation continuait à se dégrader, cela nécessiterait « des actions, des décisions », sans plus de précisions.

« Il est évident que beaucoup (de gens) n’estiment pas qu’il est nécessaire de prendre soin de leur santé », a commenté le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

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Les autorités russes semblent vouloir éviter des mesures restrictives d’ampleur, jugeant le système de santé en capacité d’assurer l’accueil des malades et les stocks de moyens de protection et de médicaments suffisants.

Depuis le début de l’épidémie, la Russie a enregistré officiellement 1 272 238 cas, dont 22 257 mortels, et reste au quatrième rang mondial du nombre de contaminations.

« Que faut-il faire? »

À Saint-Pétersbourg, deuxième ville du pays, Stella constate bien un retour en arrière. « Les mesures ont été légèrement relâchées, les gens se promenaient tranquillement sans masque et s’amusaient. Puis tout a recommencé », regrette cette jeune femme à proximité d’un monument dédié aux soignants morts du coronavirus.

Dans les rues de Moscou, principal foyer de l’épidémie en Russie, les restaurants et les bars restaient ouverts et souvent bondés. Le masque demeure obligatoire dans les transports en commun, mais cette mesure n’est pas appliquée systématiquement.

« C’est devenu difficile de comprendre ce qu’il faut faire. Est-ce qu’il faut que tout le monde l’ait (le virus) ou juste continuer à appliquer ces mesures éternellement », se demande Tatiana Nemirovskaïa, une Moscovite de 30 ans.

La fermeture des bars, comme à Paris, ou l’interdiction des rassemblements de plus de six personnes, comme au Royaume-Uni, n’est pas évoquée en Russie.

Fin septembre, le maire de la capitale, Sergueï Sobianine, a néanmoins ordonné aux personnes de plus de 65 ans et à celles souffrant de maladies chroniques de se confiner.

Il a par ailleurs demandé aux entreprises de mettre en place le télétravail pour au moins 30 % de leurs employés jusqu’au 28 octobre.

« La ville prend les mesures nécessaires », a assuré vendredi M. Sobianine sur la chaîne Pervii Kanal, ajoutant que la mairie transmettait « toutes les informations » sur l’épidémie et ne « cachait rien ».

Lors de la première vague de nouveau coronavirus, de nombreux critiques du Kremlin avaient accusé les autorités de sous-estimer à dessein le nombre de victimes. Des accusations rejetées par Moscou.

De son côté, le président Poutine a affirmé mardi qu’environ « une cinquantaine de personnes » parmi ses proches s’étaient faites vacciner contre le virus, faisant une nouvelle fois l’éloge du vaccin que Moscou dit avoir inventé.

La Russie a en effet annoncé en août avoir enregistré le premier vaccin au monde contre le coronavirus, baptisé Spoutnik, comme le premier satellite spatial fabriqué par l’Union soviétique.

Il est actuellement testé par 40 000 volontaires, mais perçu avec scepticisme par plusieurs experts, notamment parce qu’il n’avait pas atteint la phase finale des essais au moment de son annonce.

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