Voyageurs aux Fêtes: la santé publique de l'Estrie «très préoccupée»

Jasmin Dumas | TVA Nouvelles

2020-12-22T02:49:51Z

Malgré la pandémie qui s’aggrave, des Québécois décident tout de même de partir en voyage pendant le temps des Fêtes. 

Pour la santé publique, la situation est inquiétante.

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«Je suis très préoccupé du fait que les gens veulent voyager, a admis lundi le directeur de la Santé publique de l’Estrie, Alain Poirier, sur les ondes de TVA Nouvelles. Il y a six semaines, on parlait de 1000 cas au Québec et on espérait que ça baisse. Ça n'a pas baissé, on est rendu à (plus de) 2000.» 

Le Collège des médecins a pour sa part mentionné qu’il était inacceptable que certains songent à faire des voyages extrafrontaliers non urgents. Les autorités rappellent que ceux qui ont besoin d'un test négatif pour prendre l’avion doivent se tourner vers une clinique privée. 

En plus d'ignorer les recommandations du gouvernement, certains voyageurs se présentent dans les cliniques de dépistage sans rendez-vous avant de décoller, dans l'espoir d'obtenir un résultat négatif.

Or la santé publique met les voyageurs en garde.

«Si vous voulez aller quelque part et qu’on vous demande un prélèvement, vous ne vous présentez pas dans nos lieux de dépistage, d'autant plus qu'on ne recommande pas vraiment ces déplacements-là», a indiqué Dr Poirier.

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Des citoyens s'indignent à Sherbrooke   

Pour 150 dollars, ceux qui s'envolent vers la France peuvent passer le test directement à l'aéroport Montréal-Trudeau. Pour les autres destinations qui obligent la présentation d'un résultat négatif, les Québécois doivent se tourner vers les cliniques privées pour les examens. 

Jusqu'à tout récemment, la clinique PRELEV de Sherbrooke offrait le service aux futurs voyageurs, mais elle a décidé de faire marche arrière, car les prélèvements exécutés à l'extérieur ou à l'auto mobilisaient du personnel et du temps, une heure par jour.

«Je ne suis pas installée comme dans des gros centres ou c'est à l'intérieur, explique la directrice Julie Beauregard. On a une ressource en moins, donc on a choisi de garder les plages horaires qu'on avait pour pouvoir aider la population ici en Estrie, au niveau du prélèvement. Ceux qui ont besoin d'aller prendre des prises de sang.»

Les Sherbrookois venus en clinique se soumettre à un examen lundi ont du mal à comprendre que des concitoyens pensent voyager pendant la période des Fêtes.

«Stupide! Moi, je paie un appartement au Mexique et je n'y vais pas!», explique un passant.

«C'est un peu égocentrique de penser à ses besoins avant le reste de la population», s'est ainsi prononcée un autre personne sur le même sujet.

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