Attentat au Métropolis: la SQ n’avait jamais vu de menaces

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Photo portrait de Michael Nguyen

Michael Nguyen

2022-04-08T21:39:22Z

Aucune menace ne justifiait de renforcer la sécurité autour de Pauline Marois le soir de l’attentat au Métropolis qui s’est soldé par un meurtre à une dizaine de mètres d’elle, a assuré un responsable de la Sûreté du Québec. 

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«[L’attaque par Richard Henry Bain] était une menace indétectable, imprévisible, on ne pouvait pas savoir», a répété l’ex-lieutenant Daniel Rondeau, ce vendredi au palais de justice de Montréal.

M. Rondeau, qui était responsable de la protection et de la sécurité des personnalités, a ainsi défendu son travail lors de la soirée électorale du 4 septembre 2012. Car, a-t-il répété, il n’était au courant d’aucune menace visant le Parti Québécois. Ainsi, il n’a jamais été nécessaire selon lui de surveiller l’entrée arrière de l’édifice. 

Or, comme il n’y avait aucun policier à cet endroit, Richard Henry Bain a pu s’installer là, dans sa voiture mal stationnée, vêtu d’une robe de chambre et d’un bonnet de douche, sans se faire importuner.

Et quand il a marché jusqu’à la porte d’entrée avec une arme longue et un bidon d’essence, personne n’a pu l’intercepter. Il a ainsi pu tuer le technicien Denis Blanchette et blesser Dave Courage, avant de démarrer un incendie.

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Protection du public

Pour quatre techniciens de scènes traumatisés par le drame, tant la police de Montréal que la SQ ont failli à leur devoir de protéger le public. Ils leur réclament 600 000$, et comme les deux corps policiers nient toute faute, l’affaire s’est rendue à procès.

Or, en contre-interrogatoire, l’ex-lieutenant Rondeau a reconnu que les policiers avaient comme rôle de protéger le public. Questionné par Me Virginie Dufresne-Lemire, il a ensuite reconnu qu’une présence policière visible aidait à prévenir les crimes.

Et que si un policier avait été posté à l’arrière du Métropolis, il aurait «peut-être» détecté Richard Henry Bain.

«Les véhicules mal stationnés à Montréal, il y en a plein», a toutefois tempéré le témoin.

Me Virginie Dufresne-Lemire
Me Virginie Dufresne-Lemire Photo Chantal Poirier

Mémoire défaillante

Il a ensuite répété qu’il n’avait pas été mis au courant de menaces contre Pauline Marois le jour de l’attentat. Et s’il y en avait finalement eu six, il l’a appris seulement après, et il n’a jamais cru bon d’en connaître les détails.

Il a d’ailleurs affirmé sous serment qu’il n’était pas au courant de gens qui auraient pu en avoir contre Mme Marois parce qu’elle soutenait les étudiants, ou parce qu’elle avait mentionné la Charte des valeurs.

«Je ne me souviens pas de ça», a-t-il dit, tout comme il ne se souvient pas que des gens auraient pu être fâchés qu’une femme devienne première ministre.

Quant aux gens qui en ont contre les souverainistes, l’ex-lieutenant a dit qu’il «ne savait pas».

Le procès, devant le juge Philippe Bélanger, se poursuit la semaine prochaine.

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