Premier jour de campagne: la vaccination obligatoire pourrait s'imposer dans le débat

Raphaël Pirro

2021-08-16T09:00:00Z

Justin Trudeau a officiellement coupé court à son mandat minoritaire et lancé des élections anticipées dimanche. Posté devant Rideau Hall, il a signalé les grands thèmes qui façonneront sa campagne, tandis que les autres chefs ont dénoncé la tenue d’une élection en pandémie.

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Le discours inaugural du premier ministre, largement prononcé en anglais, a été dominé par la question de la vaccination et la relance post-pandémique. Les chefs des oppositions ont unanimement dénoncé la tenue d’un scrutin dans un tel contexte, mais se sont lancés dans le ring avec un air d’enthousiasme.

Pour Geneviève Tellier, professeure à l’Université d’Ottawa, Justin Trudeau a livré un bon discours, «plus solide que ce qu’on avait entendu par le passé», «même s’il n’a présenté aucune nouvelle idée».

«Tout ce qu’il disait était bien songé à mon avis, très efficace. Plus de thèmes ont été abordés, mais surtout, je trouve qu’il a repris le contrôle du message au sujet de la vaccination obligatoire», juge-t-elle.

La vaccination obligatoire comme sujet chaud

Vendredi, le Parti conservateur s’affichait pour le libre choix sur la question du vaccin. Mais une fois l’élection déclenchée dimanche, le chef ne s’est pas étendu sur le sujet.

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«On peut très bien dire qu’on est contre la vaccination obligatoire et fournir des raisons, mais en ne donnant aucune raison [Erin O’Toole] a juste alimenté davantage les interrogations. C’est un peu un piège, comme l’avortement l’avait été pour Andrew Scheer», analyse Mme Tellier.

Or, elle croit que M. O’Toole pourrait marquer des points s’il continue de mettre les autres partis dans le même panier: celui des leaders qui dépensent à outrance l’argent des Canadiens.

«Les conservateurs vont essayer d’amener le débat sur le terrain économique, parce que tous les autres partis vont se poser en défenseurs des Canadiens et des programmes sociaux.» 

  • Écoutez l'entrevue de Mélanie Joly au micro de Philippe-Vincent Foisy sur QUB radio:  

Un discours majoritairement en anglais

Sur la base du nombre de mots utilisés, Justin Trudeau a parlé presque quatre fois plus longtemps en anglais qu’en français.

La langue de choix du premier ministre n’était pas banale, et plutôt révélatrice d’une possible stratégie à venir chez les libéraux, selon Geneviève Tellier.

«Est-ce que les libéraux ont déjà fait une croix sur le Québec parce que ça va bien pour le Bloc et que les autres partis pensent qu’il sera difficile d’aller chercher des comptés bloquistes? C’est possible. Il y a peut-être plus de gains à faire dans l’Ouest ou ailleurs au Canada», juge-t-elle. 

  • Écoutez l'entrevue d'Yves-François Blanchet au micro de Philippe-Vincent Foisy sur QUB radio:  

Des élections non voulues

Les chefs des oppositions ont inauguré leur campagne en tapant sur le même clou.

Pour Yves-François Blanchet, la décision de lancer des élections alors qu’une quatrième vague de COVID-19 se profile à l’horizon s’explique par l’«ambition personnelle» de Justin Trudeau.

Pour Jagmeet Singh, il s’agira d’une «élection d’été égoïste», alors qu’Erin O’Toole a dénoncé cette élection comme un «jeu politique».

Or, le débat pourrait rapidement s’effacer une fois que les premiers jours de la campagne seront derrière nous.

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