«La vie de notre famille a été chamboulée»
Dre Brigitte Pinard est la directrice intérimaire de santé publique de l'Outaouais

Jadrino Huot
La Dre Brigitte Pinard, directrice intérimaire de santé publique de l’Outaouais, a pu compter sur l’appui de son mari, Jeff, et de ses quatre enfants, Éléonore, Frédéric, Alexandre et Louis, afin de passer au travers du défi de gérer une crise sanitaire.
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53 ans
8 ans d’expérience en santé publique
Avant de commencer ses études en médecine à l’Université d’Ottawa en 2001, elle a obtenu un baccalauréat en sciences de l’agriculture à l’Université McGill en 1993 et une maîtrise en aménagement et développement rural à l’Université ontarienne de Guelph en 1996.
Elle a aussi été coopérante volontaire en développement durable au Salvador de 1996 à 2000 avec Oxfam-Québec.
UN SAUT PÉRILLEUX
« Au début de la pandémie, le poste de directeur de santé publique était vacant en Outaouais. La situation d’urgence a accéléré mon transfert dans ce poste. C’était un saut assez périlleux, mais avec l’appui inestimable des médecins et des professionnels de la Direction, j’ai réussi à passer au travers de la période d’adaptation. Avec l’intensité du travail, j’ai l’impression d’acquérir au moins un mois d’expérience à chaque semaine qui passe. »
UNE DATE GRAVÉE EN MÉMOIRE
« Le vendredi 13 mars 2020 demeurera à jamais gravé dans ma mémoire, car nous avons dû amorcer la restructuration de la Direction de santé publique pour répondre à l’urgence sanitaire. Il n’était plus possible de continuer à vaquer à nos tâches habituelles. Il nous faut poursuivre les efforts actuels tout en commençant à planifier nos activités pour la période de rétablissement. Nous nous devons de rêver collectivement à notre santé publique post-pandémie. »
ÉPAULÉE PAR SA FAMILLE
« La vie de notre famille de six a été chamboulée. Mon conjoint m’a vraiment épaulée et continue toujours de le faire en me libérant de plusieurs de mes tâches à la maison. Sa nouvelle réalité en télétravail nous a aidés, en particulier lorsque les écoles ont dû être fermées », confie la mère de quatre enfants âgés entre 8 et 14 ans.
7 JOURS SUR 7
« Outre les nombreuses rencontres pour la planification et le suivi des opérations, nous devons gérer de nouveaux défis chaque semaine [éclosions, vaccination, etc.]. Somme toute, le travail est 7 jours sur 7. »
UN CHIEN... ET DES POULES
« J’essaie de mettre des limites au nombre d’heures travaillées durant la fin de semaine pour être avec les enfants et accomplir mes autres tâches. J’aime la marche, le jardinage, la randonnée en nature et les jeux de société. Outre un chien, Lola [8 ans], la famille a accueilli un petit poulailler de six poules pendant la pandémie. »
SE TENIR INFORMÉE
« Un des grands défis est de se tenir à la fine pointe de la littérature scientifique sur la COVID-19 lorsqu’on est au front des opérations. »
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