La Ville de Washington poursuit le gouvernement Trump pour la prise en main de sa police

AFP

2025-08-15T14:44:44Z
2025-08-15T16:24:49Z

La capitale américaine, Washington, poursuit en justice l’administration Trump pour ce qu’elle qualifie de «prise de contrôle hostile» de la police de la Ville par le président afin de lutter contre la criminalité, selon une plainte déposée vendredi.

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Plus tôt dans la semaine, Donald Trump a annoncé placer le maintien de l’ordre de la capitale sous le contrôle de son administration et y déployer des militaires de la Garde nationale, des mesures exceptionnelles pour cette ville qu’il dit «envahie par des gangs violents» et qu’il veut «nettoyer».

Les statistiques officielles montrent pourtant une baisse de la criminalité violente dans la capitale. Selon la mairesse démocrate de Washington, Muriel Bowser, elle est «à son plus bas niveau depuis 30 ans».

La ministre de la Justice, Pam Bondi, a également annoncé nommer jeudi un nouveau «responsable d’urgence» de la police.

Photo MEGA/WENN
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La loi fédérale régissant la capitale «n’autorise pas cette usurpation de l’autorité de la Ville sur son propre gouvernement», peut-on lire dans la plainte déposée par le procureur de Washington, Brian Schwalb.

Il accuse l’administration Trump d’avoir «illégalement pris le contrôle opérationnel de la police de Washington, notamment en occupant des postes dans la chaîne de commandement et en donnant des directives politiques», selon la même source.

Le procureur exige une suspension de la décision de la ministre de la Justice et demande au tribunal de statuer sur le fait que Donald Trump a outrepassé son autorité sur la Ville.

«Les mesures prises par l’administration sont manifestement illégales», a-t-il ensuite déclaré sur les réseaux sociaux.

«C’est un affront à la dignité et l’indépendance des 700 000 Américains [habitant à Washington]», a-t-il ajouté.

Une audience sur l’affaire est prévue à 14h locales vendredi.

800 gardes nationaux

Le président américain a également mobilisé 800 gardes nationaux dans les rues de la capitale.

Ces militaires de réserve «resteront sur place jusqu’à ce que l’ordre public soit rétabli dans la ville, comme décidé par le président [Donald Trump]», a indiqué jeudi le Pentagone.

En voyant les gardes nationaux, Christian Calhoun, 26 ans, s’est dit «furieux».

«Ils ne font qu’attendre debout pendant des heures», fustige celui qui est né dans la capitale américaine et pour qui les vives critiques de Donald Trump à l’endroit de la sécurité à Washington ne sont pas justifiées.

Le républicain a déjà mobilisé en juin la Garde nationale en Californie, contre l’avis de son gouverneur démocrate, affirmant vouloir ainsi rétablir l’ordre à Los Angeles après que des manifestations contre sa politique migratoire y ont eu lieu.

Depuis son retour à la Maison-Blanche, le président américain a menacé à plusieurs reprises de replacer Washington sous le contrôle des autorités fédérales, insistant sur l’importance de l’apparence que la capitale américaine présente, puisque de hauts dignitaires étrangers y viennent régulièrement.

La municipalité au statut unique n’est rattachée à aucun État américain, et c’est le Congrès qui a compétence sur ses affaires.

Donald Trump a aussi sommé les sans-abri de partir «loin» de Washington, assurant vouloir se «débarrasser des bidonvilles».

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