Labeaume rejette la suggestion de Sam Hamad sur le tramway
Le maire regrette que la ville de Québec soit traitée comme « un village »

Taïeb Moalla
Régis Labeaume a rejeté du revers de la main la proposition faite par l’ancien ministre Sam Hamad de jouer les intermédiaires entre la Ville et le gouvernement du Québec dans le dossier du tramway.
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« Il ne fait pas partie de l’équation pour moi. Il n’est pas dans le décor. Ça ne donne rien de commenter ça. Moi, je travaille avec le gouvernement du Québec. Tout le monde a son opinion en ville. Lui, c’est une opinion parmi d’autres », a sèchement répondu le maire, jeudi midi, lors d’un point de presse virtuel.
Sam Hamad a confirmé, cette semaine, qu’il ne se portera pas candidat à la mairie de Québec à l’automne 2021.
M. Labeaume a soigneusement évité de commenter ce désistement. « Je n’ai pas parlé à Sam Hamad probablement depuis un an et je ne vois aucun intérêt à lui parler », a-t-il laissé tomber.
Cette dernière a vivement démenti être à l’origine du blocage actuel dans les négociations sur le tracé du tramway.
« Des villageois »
Cela dit, le maire a répété avoir « la désolante impression que Québec est considérée comme un village [et] qu’on [la] regarde de haut ». « Je commence à trouver ça un peu révoltant [...]. Les gens de Québec sont des gens orgueilleux. Jamais ils n’ont accepté et jamais ils ne vont accepter d’être traités comme des villageois ».
Les négociations avec le ministre des Transports François Bonnardel se poursuivent. Elles se déroulent «bien», a brièvement assuré le maire, peu enclin à en dire davantage.
La grande crainte de M. Labeaume est celle de voir des consortiums – qui attendent la publication de l’appel de propositions depuis six mois – se désister du processus actuel de sélection.
« Il y a un danger réel. Ce sont des gens qu’on rencontre régulièrement. Là, ça commence à taper du pied et ils se demandent s’ils ne devraient pas aller sur d’autres projets », a-t-il déclaré en laissant poindre le risque de hausses des prix.
« Du grand Régis »
Invité à réagir, Jean-François Gosselin, chef de Québec 21, a soutenu « qu’on dirait que le maire Labeaume est désespéré. Il joue le tout pour le tout. Accuser la CAQ de considérer Québec comme un village et les citoyens [comme] de[s] villageois, c'est du grand Régis ».
Selon lui, « il est grand temps qu'il se regarde dans le miroir et comprenne qu'il est le seul responsable de la situation. S'il avait consulté la population et qu’il avait été élu avec son projet, on en serait pas là aujourd'hui ».