L’accusé se présentait comme une victime
L’homme de 38 ans dénigrait sa conjointe par texto


Michael Nguyen
Le Montréalais accusé d’avoir tué sa conjointe à coups de queue de billard puis d’avoir jeté la dépouille aux ordures se serait ensuite donné le beau rôle tout en dénigrant la victime auprès de proches, selon des messages textes déposés vendredi à son procès.
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« J’en ai vu et entendu dans la dernière année, la voir mentir à tout un chacun. Je ne sais plus quoi faire, je lui ai laissé le temps », aurait écrit Simon Brind’Amour au père de sa conjointe dans les jours suivant le drame.
Brind’Amour, 38 ans, est accusé du meurtre au deuxième degré de sa conjointe Josiane Arguin, survenu le 1er septembre 2018. Selon la théorie de la Couronne, il se serait ensuite débarrassé du corps en le jetant aux ordures.

Même s’il aura tout avoué deux mois plus tard, il aurait avant cela fait croire à une disparition. Inquiet, le père de la victime, Denis Arguin, l’aurait contacté pour avoir des nouvelles d’elle.
« Jo est pas avec moi pour l’instant, elle a prit un coup en finissant l’autre soir et elle m’a pété une coche incohérente à rien n’y comprendre et est partie avec de l’argent », a répondu Brind’Amour selon des textos présentés en cour, vendredi.
Beau rôle
Par la suite, Brind’Amour a affirmé à M. Arguin être parti à la recherche de sa conjointe de la dernière année, disant avoir visité « cinq places, mais ça n’a pas été concluant ».
Il a ensuite fait passer la victime pour une toxicomane aux prises avec « une nouvelle drogue ».
« Je sais qu’elle en a déjà fait dans l’Ouest canadien et j’ai vu ses yeux quand elle m’en a parlé et j’ai eu peur de la perdre », a-t-il dit en disant qu’il envisageait de signaler la disparition à la police.
Il s’est ensuite lancé dans une longue diatribe, se présentant comme une victime de sa conjointe qui, selon lui, était en proie à des crises et des discours incohérents « un peu comme sa mère, mais avec plus de conviction et de fougue ».
Manipulation
« Ce n’est qu’avec du recul que je m’aperçois qu’en voulant l’aider je me suis fait manipuler, et quand dans le fond je ne connais que ce qu’elle voulait bien me dire », aurait-il écrit à M. Arguin.
Mais les mensonges de Brind’Amour et ses fausses recherches auraient pris fin en novembre 2018, quand il se serait confié à son ex-conjointe.
Alertée, la police l’a rapidement arrêté et après sept heures d’interrogatoires, il aurait finalement craché le morceau.
Brind’Amour a toutefois plaidé non coupable, si bien qu’il subit présentement un procès devant jury au palais de justice de Montréal. Il est représenté par les avocats Maxime Raymond et David Robert Temim.