L’affaire Esptein fait trembler les cours européennes

Les dernières révélations liées aux dossiers Epstein agissent comme un acide

Isabelle Hontebeyrie

2026-02-12T11:00:00Z

Les dernières révélations liées aux dossiers Epstein agissent comme un acide sur le vernis parfois craquelé des monarchies britannique, norvégienne et suédoise.

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Le naufrage des York

Le traumatisme le plus profond se joue à l’intérieur même du clan York. Si la loyauté des princesses Beatrice et Eugenie envers leur père semblait autrefois inaltérable, le vent a tourné. Selon People, les deux sœurs se sentiraient aujourd’hui « dupées ». Elles qui ont longtemps porté le poids de l’opprobre public pour protéger l’unité familiale réalisent que l’ampleur des dossiers dépasse ce qu’on leur avait laissé entendre. L’indignation qui couve au sein de la Firme a franchi un nouveau seuil de toxicité avec l’apparition d’une pièce à conviction qui balaie les dernières dénégations : une nouvelle photo montrant Andrew Mountbatten-Windsor dans l’enceinte même de la propriété d’Epstein, à une date qui contredit formellement ses déclarations passées. Ce cliché, dont l’existence était jusqu’ici une rumeur, agit comme le point final d’une crédibilité déjà agonisante.

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Mais le coup de grâce vient peut-être de la correspondance privée de Sarah Ferguson. Les courriels exhumés révèlent une réalité plus trouble : loin d’être une simple épouse tenue à l’écart, Sarah Ferguson aurait activement sollicité l’aide financière d’Epstein pour éponger ses dettes personnelles, tout en échangeant des messages d’une familiarité désarmante avec le prédateur. Elle l’a ainsi qualifié de « frère qu’elle n’a jamais eu » et a parlé de sa fille en train de « passer un weekend coquin »! Sans complexe, elle souligne aussi à Jeffrey Epstein qu’elle a « un besoin urgent de 20 000 £ pour le loyer aujourd’hui ».

Cette double révélation — l’image irréfutable et les mots compromettants — rend la position des sœurs York, Beatrice et Eugenie, intenable. Elles ne font plus face à un père simplement « imprudent », mais à un système de mensonges orchestré au cœur de leur propre foyer. Pour Charles III, l’enjeu n’est plus de gérer un paria, mais de s’assurer que les courriels de Sarah ne deviennent pas le préambule d’un déballage encore plus dévastateur sur les coulisses financières de la famille royale. Le silence d’Andrew, désormais confronté à ses propres images et aux écrits de sa complice de toujours, ressemble de moins en moins à une stratégie de défense et de plus en plus à un aveu d’impuissance. Le constat du Guardian est sans doute le plus cruel. Ce scandale n’éclabousse pas seulement Andrew, il interroge l’héritage de la reine Élisabeth II. On lui reproche désormais d’avoir protégé son « fils préféré » au-delà du raisonnable, créant un précédent de complaisance qui fragilise aujourd’hui le règne de Charles III. Le roi, qui tente d’imposer une monarchie resserrée et éthique, se retrouve à devoir gérer les décombres d’une mauvaise gestion maternelle.

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Le mea culpa de la princesse Mette-Marit

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Le séisme Epstein atteint les fjords de Norvège. Dans un message d’une rare solennité, la princesse Mette-Marit de Norvège a présenté ses excuses officielles au roi Harald V et à la reine Sonja. Ce désaveu public fait suite à la diffusion de dossiers liant la future reine au réseau du prédateur américain entre 2008 et 2013. Si la princesse avait déjà exprimé des regrets par le passé, l’ampleur des nouvelles révélations sur la fréquence de leurs rencontres a rendu sa position intenable. Elle concède aujourd’hui une « erreur de jugement majeure », reconnaissant que sa présence dans le cercle d’Epstein a pu nuire à la dignité de la Couronne. Ce message est perçu comme une tentative désespérée de protéger l’institution, alors que l’opinion publique norvégienne, d’ordinaire si clémente, exprime une déception profonde. Pour Mette-Marit, il ne s’agit plus de plaider l’ignorance, mais d’assumer une proximité qui, avec le recul, apparaît comme une faute politique et morale. Harald V, garant de l’unité nationale, doit maintenant gérer l’image d’une héritière dont le passé vient soudainement obscurcir l’avenir.

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Marius : la dérive d’un fils

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Le cauchemar norvégien se double d’un volet judiciaire sordide. Marius Borg Høiby, fils aîné de Mette-Marit, a plaidé non coupable de viol, malgré une incarcération qui ébranle le pays. Si Haakon et Mette-Marit ont maintenu un lien avec Marius en lui rendant visite en prison, le contraste avec la sagacité de la princesse Ingrid Alexandra est frappant. La future reine semble prendre ses distances avec ce frère devenu un paria constitutionnel.

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Le malaise de la princesse Sofia

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À Stockholm, le palais royal tente de colmater les brèches après les révélations sur le passé de la princesse Sofia. Deux déclarations officielles ont été nécessaires pour clarifier les liens entre l’épouse du prince Carl Philip et Jeffrey Epstein. Le Palais admet désormais une rencontre fortuite à New York, bien avant son entrée dans la famille royale, tout en niant fermement toute relation suivie ou compromettante. Cependant, la presse britannique, notamment Tatler, souligne que le passé de mannequin et de vedette de téléréalité de Sofia rend cette proximité, même brève, difficile à évacuer dans le climat actuel de suspicion généralisée. Pour la Couronne suédoise, l’enjeu est de dissocier l’image de la princesse, devenue une figure humanitaire respectée, de celle de la jeune femme fréquentant les cercles mondains de Manhattan au milieu des années 2000. Ce second communiqué, plus défensif que le premier, trahit une nervosité évidente : la Cour redoute que l’étiquette « Epstein » ne devienne un stigmate indélébile sur une monarchie qui se veut exemplaire.

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