Cégeps et universités: laissez nos jeunes rentrer sur les campus cet automne

Nos enfants ont entre 18 et 20 ans, ils tentent de terminer leur 3e session d’étude virtuelle, seuls dans leur chambre. Ils ont eu peu de contact en présence avec leurs professeurs.
Ceux qui ont commencé l’université l’automne dernier ne connaissent pas leurs camarades et la richesse des discussions enflammées en classe avec leurs pairs. Ils ne sont pas à refaire le monde comme on le fait tous à cet âge.
Ils ne sortent plus voir des amis, assister à des spectacles. Il ne leur reste qu’une chose : les études sans interactions directes avec leurs pairs !
Leur moral est au plus bas, leur motivation éteinte et leurs espoirs d’un monde où ils ont le goût de vivre, effacés.
Ils ont été solidaires de leur communauté, même si leur vie n’était pas en péril. Ils ont vu les plus jeunes retourner à l’école l’automne dernier avec envie et ils se sont dit « mon tour viendra ».
Mais voilà, on semble les avoir oubliés !
Une autre session... virtuelle
Les nouvelles des derniers jours font état des directions de cégeps et d’universités qui préparent une session d’automne en laissant une bonne place au virtuel. Notre incompréhension est totale et notre colère commence à gronder. Notre société qui valorise l’éducation et qui prépare la relève et les esprits critiques de demain va offrir pour une quatrième session une éducation désincarnée sur écran ?
Boris Cyrulnik, neuropsychiatre renommé, est d’avis qu’on apprend peu face aux écrans et que notre cerveau ne fonctionne correctement que s’il est stimulé par d’autres cerveaux autour de lui. Ça nous donne des frissons de savoir que nos enfants ont passé tant de temps en apprentissage devant un écran.
Les jeunes sont anxieux comme jamais, ils veulent étudier dans des conditions décentes et stimulantes, ils ne se sont pas inscrits à la téléuniversité ! Ils veulent faire des études dans les conditions qui leur permettront d’être bien préparés pour contribuer à leur tour à notre société.
Alors que la majorité des adultes seront vaccinés d’ici la fin juin, que les jeunes du primaire et du secondaire auront fréquenté leur école pendant toute l’année 2020-2021, rien ne peut justifier cette frontière de mesures sanitaires qui ne permettraient pas aux jeunes de rentrer sur les campus cet automne et de pouvoir s’épanouir et s’instruire comme ils le méritent.
La Santé publique et le gouvernement doivent donner des directives claires aux cégeps et aux universités afin de rendre possible le retour en présence à l’automne. Il en va de la santé mentale de nos jeunes et de la qualité de l’enseignement.
Besoin de contacts
Nos jeunes souffrent, ils ont besoin du contact de leurs camarades, ils ont besoin de faire des rencontres. C’est essentiel à leur âge. Ils ont besoin de renouer avec leur univers social qui a été mis sur pause il y a déjà plus d’un an, une pause qui aura duré plus de 17 mois lorsque la cloche sonnera le retour en classe à l’automne 2021.
Ne pas permettre ce retour en classe pourrait faire de cette génération de jeunes adultes, en quête de savoirs et d’idéaux, une génération sacrifiée.
Nous n’accepterons pas que nos enfants soient oubliés.
Suzanne Lareau
Vali Fugulin
Anika Lefebvre
Sophie Lachapelle
Marie Sterlin
Nicole Labelle
Denis Marchand
Jocelyne Falletto
Dalie Maynard