L’amour au cœur du nouvel album de Marc Déry, «J’aime ça quand t’es là»
Marie-Claude Doyle
«J'aime ça quand t'es là». Ces mots, issus de la chanson Aquarium, qui ouvre le bal à son nouveau projet musical, résonnent tant pour Marc Déry qu'il en a fait le titre de son album qui sera disponible dès le 19 septembre. Six ans après Atterrissage, l'auteur-compositeur-interprète, heureux de voir sa fille Alice suivre ses traces dans le domaine artistique, nous dévoile le résultat de son travail créatif.
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Marc, comment s’est faite la création de J’aime ça quand t’es là?
Tranquillement. Je ne voulais pas précipiter les choses. Plus ça avance, plus t’as fait d’albums et plus t’as dit de choses. J’essaie de ne pas faire un album pour faire un album. J’ai pris le temps de travailler sur d’autres projets. J’aime ça côtoyer des jeunes musiciens. C’est important pour moi de revenir aux sources. Pendant la pandémie, je me suis sauvé au Lac-Saint-Jean. J’avais l’impression d'être moins dans cette folie, et j’avais une belle gang d’amis là-bas. J’ai loué un chalet où j’ai réalisé l’album de JP «Le Pad» Tremblay (rrrik thffu (l'onomatopée d'un crachat)). C’est un album solo que je trouve bien bon. J’ai aussi réalisé l’album de Bruno Rodéo (Les étoiles se placent). Ça a passé vite, six ans. La création du disque a commencé à être plus tangible il y a trois ans, quand j’ai commencé à écrire des chansons qui allaient paraître sur J’aime ça quand t’es là.
On retrouve un duo avec le rappeur Imposs sur la chanson Kekpart. Comment en êtes-vous venu à collaborer?
Dans le temps de Muzion, au début des années 2000, on avait travaillé ensemble sur une pièce pour un show qui n’avait pas eu lieu à Québec parce qu’il y avait eu une émeute, mais on avait beaucoup aimé ça travailler ensemble. Puis, à un moment donné, dans un En direct de l’univers où j’y étais, Imposs était là aussi. On s’est sautés dans les bras et on s’est dit qu’il fallait faire quelque chose ensemble. J’étais en train d’écrire J’aime ça quand t’es là.
Vous avez de nouveau fait appel à Pierre-Luc Cérat, le bassiste de Bran Van 3000 et coréalisateur d'Atterrissage, pour réaliser ce disque. Pourquoi?
C’est un gars de grand talent et j’avais l’impression qu’on n’avait pas été au bout de notre démarche ensemble parce qu’il est rentré dans le projet Atterrissage vers la fin. On s’était dit que ça serait le fun de faire un album qu’on commencerait ensemble. Ça a donné un résultat intéressant, comme on s'y attendait.
Le titre de l’album fait référence aux paroles dans la chanson Aquarium. Pourquoi avoir choisi de l’appeler ainsi?
Je trouve que ce sont les paroles les plus significatives. J’aime ça quand t’es là, c’est une phrase qui me fait du bien et qui représente l’amour. Ça peut être l’amour d’un enfant, d’un parent, d’un amoureux, d’un ami. Je trouvais que ça représentait bien l’album et Aquarium, c’est la première chanson que j’ai écrite. Je l’ai faite en écriture automatique, c’est-à-dire sans savoir de quoi je parlerais, et j’étais content du résultat. J’ai fait plein d’autres chansons en écriture automatique.
L’amour est un thème récurrent dans vos chansons. Quelle place occupe-t-il dans votre vie?
La plus grande place. Pour moi, l’amour, c’est l’absence de peur, et tout devrait carburer à l’amour. C’est le langage universel et pour moi, une chanson d’amour, ça peut durer longtemps parce que c’est toujours d’actualité.
En mars dernier, vous avez interprété un medley de vos succès ainsi que l'extrait Aquarium, aux côtés des Académiciens, lors d'un gala de Star Académie. Comment avez-vous vécu cette expérience?
J’ai adoré ça! J’étais arrivé deux jours avant le show pour les répétitions et je sentais la fébrilité. Je trouvais ça beau, le talent de ces jeunes-là. La mise en scène du numéro était faite par Joël Legendre, que j’aime beaucoup. On répétait dans le bonheur et je sentais aussi beaucoup d’amour entre les quatre derniers participants. Je ne sentais pas la compétition, et je trouvais que ça représentait bien ce que l’art devrait être.
Ça doit aussi être grisant de transmettre votre bagage à la nouvelle génération...
Absolument. On dirait que dans ce milieu-là, il n’y a pas de temps ni d’âge. Je me sentais comme eux. On est tous à la même place. Bien sûr que j’ai des années d’expérience en arrière, mais je ne me sentais pas différent d’eux. Je sentais qu’ils m'accueillaient comme quelqu’un de leur gang.
Qu'est-ce que ça vous fait de voir que votre fille, Alice, semble vouloir suivre vos traces?
Je trouve ça beau de la voir aller. Elle est tellement passionnée, et sérieuse dans sa démarche. Je la trouve talentueuse. Je me compare à elle quand j’avais son âge, avec le bagage qu’elle a. Je la trouve meilleure que je l’étais et je trouve ça inspirant! C’est sûr que quand, à 12 ans, elle a commencé à dire qu’elle voulait faire ça dans la vie, ça m’a fait un vertige. Je sais que ce n’est pas un milieu facile, mais plus ça avance, plus je constate son sérieux, son talent... et je ne peux que l’encourager là-dedans.
Quel âge a-t-elle?
21 ans.
Elle trace son chemin; on la verra en décembre dans la comédie musicale Peter Pan...
Elle a mis sa session en théâtre musical à Sainte-Thérèse sur pause pour les répétitions de Peter Pan et elle va retourner à l’école après le show.
Cet été, les nostalgiques de Zébulon ont pu revoir le groupe sur scène en spectacles. La formation occupe toujours une place dans votre cœur...
On s’est séparés en 1997 et on est revenus en 2009. Ça devait juste être pour quelques shows, mais finalement, on n’a jamais arrêté de se produire en spectacle depuis ce temps-là. On n’a pas fait de nouvelles tounes. On joue nos vieilles affaires pour le monde qui veut se rappeler des souvenirs. C’est drôle de voir qu’il y a des générations qui n’ont pas connu Zébulon dans le temps de nos albums et qui sont là, à chanter nos chansons. Ça me fait chaud au cœur de voir toutes les générations chanter les tounes.
Avez-vous un désir de faire des nouvelles chansons de Zébulon?
Tout le monde est assez occupé de son bord. On ne s’est pas dit qu’on ne fera jamais de nouvelles chansons. Ça se peut, mais présentement, on n’a pas de plan.
Vous reprenez la route cet automne avec votre nouveau spectacle J’aime ça quand t’es là. À quoi peut-on s’attendre de cette nouvelle tournée?
Le 9 octobre, c’est la rentrée montréalaise au Lion d’Or. Je vais avoir des invités spéciaux pour l’événement. Je n’en dirai pas plus parce que c’est une surprise. Pour la tournée, c’est une version épurée. J’ai pris des improvisateurs chevronnés: la contrebassiste Patricia Deslauriers et le vibraphoniste de jazz Jérémie Carrier, qui joue aussi des percussions. Moi, je suis à la guitare acoustique. Ça donne beaucoup de place pour le texte et la voix, dans un enrobage un peu jazz minimaliste. Mais ce n’est pas un spectacle de jazz.
L’album J’aime ça quand t’es là sera disponible dès le 19 septembre, sur toutes les plateformes numériques ainsi qu’en copie physique. Pour connaître toutes les dates de la tournée de Marc Déry, consultez marcdery.ca.
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