Virus: l’arrivée des vaccins se précise, restrictions tous azimuts aux États-Unis

AFP

2020-11-20T05:57:40Z

Los Angeles | Une demande d’autorisation en urgence du vaccin contre la COVID-19 développé par l’alliance Pfizer/BioNTech devrait être déposée vendredi aux États-Unis, où les autorités ont imposé une nouvelle série de restrictions pour endiguer la pandémie à l’approche de l’Action de grâce, allant de la fermeture des écoles à New York au couvre-feu en Californie.

«Le partenaire de Pfizer, BioNTech, a annoncé qu’il avait l’intention de déposer demain une demande d’autorisation en urgence auprès de la FDA», l’Agence américaine des médicaments, a déclaré jeudi le secrétaire américain à la Santé, Alex Azar, lors d’une conférence de presse à la Maison-Blanche.

«Nous nous attendons à ce que Moderna fasse cette demande bientôt également», a-t-il ajouté, à propos de cette société américaine également sur les rangs pour développer et distribuer à grande échelle un vaccin.

Le directeur de BioNTech a estimé jeudi «possible» son autorisation et sa distribution durant le mois de décembre, tant aux États-Unis que dans l’Union européenne. «Nous travaillons d’arrache-pied», a assuré Ugur Sahin à l’AFP.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a annoncé de son côté que le régulateur européen pourrait donner son feu vert à la commercialisation des deux vaccins «dès la deuxième moitié de décembre, si les procédures se passent sans problème».

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L’alliance Pfizer/BioNTech et Moderna ont annoncé ces derniers jours une efficacité d'environ 95% pour leurs vaccins, suscitant une vague d’optimisme dans le monde, où des centaines de millions de doses ont déjà été réservées par différents gouvernements.

Phase «exponentielle»

Et l’immunologue Anthony Fauci, figure scientifique très respectée aux États-Unis, s’est voulu rassurant en affirmant jeudi que «la rapidité du processus» de développement de ces vaccins n’avait «en rien compromis la sécurité, pas plus que l’intégrité scientifique».

Ces bonnes nouvelles arrivent alors que quelque 56 millions de cas, et 1,35 million de décès ont été officiellement recensés dans le monde depuis le début de la pandémie, selon un bilan établi jeudi par l’AFP.  

Aux États-Unis, l’épidémie est en phase «exponentielle», selon les autorités sanitaires. Plus de 200 000 nouveaux cas en 24 heures ont été enregistrés jeudi, et plus de 2000 morts, une barre qui n’avait pas été franchie depuis des mois.

Les Américains ont été invités à s’abstenir de voyager pour l’Action de grâce, le 26 novembre, la plus grande fête familiale des États-Unis, à l’occasion de laquelle des records de fréquentation sont traditionnellement battus dans les aéroports et sur les routes.

Et partout dans le pays, les responsables locaux ont dû se résoudre à imposer de nouvelles restrictions pour freiner la propagation du virus.

En Californie, environ 94% de la population sera placée à compter de samedi sous couvre-feu, pour une durée d’un mois. La mesure interdit tous les déplacements «non essentiels» entre 22 h et 5 h dans les comtés les plus touchés par l’épidémie de coronavirus. 

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«Le virus se propage à une vitesse jamais vue depuis le début de cette pandémie, et les jours et semaines à venir vont être critiques pour stopper cette remontée. Nous sonnons l’alarme», a averti le gouverneur Gavin Newsom.

«J’arrêterai le virus»

Dans la capitale de Washington, les musées publics et le zoo vont refermer leurs portes à partir de lundi, tandis qu’à New York, le maire, Bill de Blasio, a fermé jeudi les écoles publiques, une mesure qui a suscité immédiatement la controverse, menant à une pétition qui demandait le maintien de leur ouverture et à des manifestations devant la mairie.

Le président élu américain, Joe Biden, qui doit faire le 20 janvier son entrée à la Maison-Blanche et qui a fait de la lutte contre l’épidémie la priorité de son début de mandat, a affirmé jeudi qu’il n’imposerait pas de «confinement national total» malgré la recrudescence de l’épidémie. «Je pense que cela serait contre-productif», a-t-il plaidé.

«Je n’arrêterai pas l’économie, point. J’arrêterai le virus», a-t-il lancé lors d’une conférence de presse à Wilmington, dans le Delaware, à l’issue d’une rencontre avec des gouverneurs, consacrée à cette crise.

En Europe, l’OMS s’est félicitée d’une baisse du nombre de cas hebdomadaires la semaine dernière (-10%), mais les décès ont continué d’augmenter et la prudence reste de mise.

En Allemagne, le niveau des contaminations est encore «trop élevé» même si les nouvelles restrictions mises en place au début du mois «sont efficaces» et incitent à «l’optimisme», a estimé jeudi l’autorité sanitaire de référence.

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En France, le «virus circule moins vite», mais «la charge sanitaire reste élevée», avec 15 807 nouveaux malades entrés à l’hôpital dans les sept derniers jours, a souligné le ministre de la Santé, Olivier Véran.

Alerte levée concernant les visons

La Catalogne, elle, s’apprête à franchir le pas d’un assouplissement des restrictions: la région du nord-est de l’Espagne a annoncé jeudi la réouverture des bars, restaurants et cinémas lundi prochain, après plus d’un mois de fermeture.

Autre bonne nouvelle en Europe: deux semaines après avoir lancé l’alerte d'une mutation inquiétante du coronavirus chez les visons et commencé à abattre l’intégralité de son immense cheptel, le Danemark a conclu que cette menace pour les vaccins humains était «très probablement éteinte», en l’absence de nouveaux cas détectés.

Le gouvernement irlandais a indiqué jeudi qu’il prévoyait, par précaution, d’abattre lui aussi les visons d’élevage du pays.

Ailleurs dans le monde, le virus continue ses ravages. La Russie a passé la barre des deux millions de cas, enregistrant deux nouveaux records d’infection et de décès quotidiens. Le Mexique, quatrième pays du monde le plus endeuillé, a atteint les 100 000 morts du virus.

L’Inde a franchi la barre des neuf millions de cas et déplore officiellement 132 162 morts, mais de nombreux experts estiment que le chiffre réel est beaucoup plus élevé, en raison d’un nombre relativement faible de tests.

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