L’attentat contre Trump pourrait mettre le feu aux poudres: «Ils ont les moyens de passer à l’acte»


Gabriel Ouimet
Dans un pays divisé, les réactions partisanes à la tentative d’assassinat contre Donald Trump font craindre une résurgence de la violence au sud de la frontière.
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«La violence politique est en augmentation depuis plusieurs années aux États-Unis, mais il y a quelque chose de différent en ce moment», affirme d’emblée Francis Langlois, chercheur à l’Observatoire sur les États-Unis de la Chaire Raoul-Dandurand.
L’année dernière, la police du Capitole a enquêté sur 8008 cas de menaces concernant des membres du Congrès. Il s’agit du deuxième total le plus élevé dans l’histoire du département.
Dans ce contexte, les réactions à la tentative d’assassinat de Donald Trump ont de quoi inquiéter, souligne Francis Langlois.
«Les esprits sont très échauffés, beaucoup de républicains ont immédiatement écrit que l’attentat était la faute de Joe Biden et des démocrates», souligne-t-il.

Le fils aîné de Donald Trump, son stratège de campagne et son colistier ont tous attaqué leurs rivaux politiques dans les heures qui ont suivi la fusillade.
«Bien sûr, ils ont essayé de l’empêcher [Donald Trump] de se présenter aux élections, ils ont essayé de le mettre en prison et maintenant vous voyez ça», a lancé Chris LaCivita, un conseiller principal de l’ancien président.
Donald Trump a lui-même déjà accusé les démocrates de chercher à le faire abattre par des agents du FBI, voire à le faire exécuter.
Le discours des démocrates selon lequel la réélection de Donald Trump serait un danger pour la démocratie pourrait également motiver des actes de violence, s’inquiètent de nombreux observateurs.
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Vers une guerre civile?
En 2009, un rapport du département de la Sécurité intérieure américaine avait statué que les groupes d’extrême droite menaçaient la société américaine.
«Le rapport stipulait qu’on assistait déjà à une réorganisation de l’extrême droite, notamment de milices, qui visaient à recruter explicitement des vétérans ainsi que des membres actifs de l’armée et de la police», explique Francis Langlois.
Les attaques partisanes et les insinuations engendrées par l’attaque du 13 juillet pourraient jeter de l’huile sur le feu, puisque Donald Trump surfe sur la colère de l’extrême droite depuis son entrée en politique.
«Quand il y a un contexte qui nourrit la violence, il y a des gens qui passent à l’acte. Et aux États-Unis, ils ont les moyens de passer à l’acte. Les armes à feu sont faciles à trouver», rappelle l’expert.
De nombreux Américains se préparent d’ailleurs à une recrudescence de la violence politique dans le pays.
Il y a deux ans, un sondage YouGov/The Economist révélait que 43% des Américains estiment qu’une guerre civile est plutôt probable (29%) ou très probable (14%) au cours des 10 prochaines années.