Crave: Laurent Duvernay-Tardif pilote la série documentaire «J’ai une question»

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Photo portrait de Guillaume Picard

Guillaume Picard

2021-11-30T22:11:11Z

On connaît le grand gaillard sportif et le médecin qui a servi pendant la pandémie, mais il ne faut pas oublier d’accoler la curiosité aux qualificatifs définissant Laurent Duvernay-Tardif.

Dans la série documentaire J’ai une question, dont les quatre épisodes sont disponibles dès mercredi sur Crave, Laurent Duvernay-Tardif s’intéresse à des enjeux de société comme le dopage, l’obésité et l’autonomie alimentaire.

Disant avoir toujours mille et une questions en tête, ce qui fait que «c’est pour ça que c’est difficile des fois de vivre avec moi», Laurent mène des enquêtes avec l’authenticité qu’on lui connaît et on sent que les gens sont fiers de rencontrer le Québécois qui a gagné le Super Bowl avec les Chiefs de Kansas City, en février 2020.

Pour le thème de l’autonomie alimentaire, qui est devenu un incontournable depuis le début de la pandémie, Laurent va à la rencontre de producteurs, de travailleurs étrangers et de gens qui réfléchissent à des solutions pour redéfinir l’avenir en agriculture, comme l’économie circulaire.

Le président de l’Union des producteurs agricoles (UPA), Marcel Groleau, qui va quitter ses fonctions à la fin du 97e congrès de son organisation, vendredi, témoigne dans la série produite par KOTV et réalisée par Frédéric Nassif.

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«L’autonomie alimentaire, c’est une [question de] sécurité nationale», dit-il en entrevue avec Laurent dans sa ferme laitière qui a pris le virage de l’automatisation, à Thetford Mines, dans Chaudière-Appalaches.

Laurent, qui est de retour depuis deux semaines sur les terrains de football avec sa nouvelle équipe, les Jets de New York, se met les mains dans la terre et apprend à cueillir des fraises selon les règles de l’art, un métier que beaucoup de Québécois boudent. La fermeture des frontières pendant la pandémie, couplée à la pénurie de main-d’œuvre en général, a d’ailleurs mis en lumière tous les enjeux liés à la production locale, qui dépend des travailleurs étrangers.

Le footballeur visite aussi des producteurs qui doivent sans cesse accroître la superficie de leur ferme pour amortir les coûts élevés de la machinerie, il va à la rencontre de jeunes qui apprennent à cultiver dans une école du quartier Saint-Michel, à Montréal, et il jase avec Jean-Philippe Vermette, un membre fondateur de La Centrale agricole.

Cette dernière est en train de créer un écosystème d’économie circulaire regroupant des producteurs agricoles ainsi que des entreprises de transformation et de distribution alimentaire faisant en sorte, grosso modo, que les déchets de l’un servent de ressources à l’autre.

Sur la bonne voie

Lors d’une table ronde virtuelle, mardi, depuis la Grosse Pomme, Laurent a dit qu’il croit que le Québec est sur «la bonne voie» en matière d’autonomie alimentaire.

Toutefois, croit-il, la province va devoir retourner toutes les pierres afin de ne pas nuire à l’environnement en voulant devenir plus autosuffisante avec sa nourriture. On pense ici aux serres, que le gouvernement Legault veut voir se multiplier dans les prochaines années, mais qui sont souvent chauffées avec des combustibles fossiles.

«Il y a quelqu’un qui connaît le dossier qui te dit qu’il y a une plus grande empreinte écologique, environnementale, à faire des légumes en serre au Québec que de les importer par camion», a dit Laurent.

«On prend des décisions par rapport à [l’autonomie alimentaire], qui ne sont pas nécessairement en ligne avec une vision environnementale. Dans ma tête, c’était le même sujet. Je pense qu’on est sur la bonne voie, mais est-ce la bonne voie au niveau environnemental, ça je ne le sais plus. Il y a aussi le choix du consommateur. C’est facile de dire qu’il y a 60 ans on était deux fois plus autosuffisant, mais essaye de ramener la diète d’il y a 60 ans», a-t-il ajouté, en parlant de ne manger que du chou, des carottes et des patates en hiver.

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