Le 3e lien fait parler d’un bout à l’autre du pays

Photo portrait de Martin Lavoie

Martin Lavoie

2021-08-25T21:09:54Z
2021-08-26T03:26:26Z

Le troisième lien s’est à nouveau invité dans la campagne fédérale: d’un côté, le chef du Bloc québécois a réitéré qu’il était favorable au projet s’il respectait l’environnement; de l'autre, le premier ministre sortant a répété que sa contribution se limiterait au transport collectif.

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Yves-François Blanchet a précisé d’emblée qu’il donnait «son avis personnel» sur la question du troisième lien.

Agacé, il a expliqué que son parti n’avait pas à prendre position sur le sujet. «Il faudrait que la campagne fédérale du Bloc québécois devienne une campagne sur un enjeu du gouvernement du Québec avec la Ville de Québec et la Ville de Lévis [...] Je n’ai pas envie de faire la job du gouvernement du Québec à la place du gouvernement du Québec.»

Le chef du Bloc a précisé qu’il croit «que le troisième lien a un potentiel positif en termes d’environnement. Notamment en évitant un détour à un nombre important de véhicules et avec un potentiel d’offre de transport collectif.»

M. Blanchet estime que le fédéral doit payer 40% de la facture si Québec le lui demande, «sinon Ottawa devra s’en expliquer et potentiellement en payer le prix politique».

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Il nuance ensuite que le gouvernement Legault a, en quelque sorte, le fardeau de faire adhérer la population au projet. «Québec est responsable des évaluations environnementales, des consultations publiques et de susciter l’acceptabilité sociale. C’est la position du Bloc», a martelé M. Blanchet.

Un autre tunnel

En après-midi à Surrey, en Colombie-Britannique, Justin Trudeau était questionné sur le financement du nouveau tunnel sous le fleuve Fraser, à Vancouver. Cet ouvrage à quatre voies dans chaque direction devrait remplacer le tunnel George Massey en 2030, au coût de 4,15 milliards de $.

«On n’a pas pris de décision finale sur le tunnel George Massey; on n’a pas pris, évidemment, de décision sur le troisième lien. Par rapport au troisième lien, on est intéressé à regarder si on peut financer des éléments de transport collectif. J’ai toujours dit qu’en tant que gouvernement, nous sommes ouverts à toutes sortes d’investissements d’infrastructures, mais on n’a rien à annoncer pour l’instant ni pour l’un ni pour l’autre», a affirmé M. Trudeau.

«On a investi énormément au Québec pour le transport collectif; que ce soit le tramway de Québec, que ce soit la ligne bleue, que ce soit le REM à Montréal, on va continuer d’être intéressé par des projets, particulièrement les éléments du troisième lien qui ont un lien avec le transport collectif. Ces discussions vont continuer», a ajouté M. Trudeau.  

Positions claires

De son côté, de Brantford, en Ontario, le chef conservateur, Erin O’Toole, a répété qu’il allait «agir pour le troisième lien».

«Nous sommes le seul parti en faveur du troisième lien. C’est un investissement important pour la grande région de la capitale, pour les travailleurs, pour les familles là-bas, mais aussi pour nos exportateurs, pour les entreprises», a-t-il lancé.  

Jagmeet Singh, du NPD, était aussi en Ontario, mais à Windsor, lorsqu’il a renouvelé son rejet du troisième lien. «On est contre parce que ce n’est pas un projet qui [est dans le but de] réduire nos émissions de gaz à effet de serre, d’investir dans l’infrastructure ou qui nous aide à faire face à la crise climatique.»

Le dossier de Dorion

Par ailleurs, à la suite d’un remaniement du cabinet fantôme de Québec solidaire aujourd’hui, c’est à la députée de Taschereau, Catherine Dorion, très critique envers le troisième lien, de s’occuper dorénavant du dossier du transport.

—Avec la collaboration d’Audrey Sanikopoulos et de Vincent Larin, Agence QMI

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