Le calme plat à Lévis: le couvre-feu respecté à la lettre
La soirée était si tranquille que notre journaliste s’est fait interpeller trois fois par les policiers en 40 minutes


Catherine Bouchard
Avant même que l’horloge affiche 20 h dimanche soir, les rues de Lévis étaient déjà désertées, alors que comme la veille, le couvre-feu a été respecté à la lettre sur la Rive-Sud.
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En moins d’une heure, la représentante du Journal qui a arpenté les rues a été interpellée par des policiers du Service de police de la Ville de Lévis (SPVL) à trois reprises, dans un intervalle d’environ 40 minutes.
Après les vérifications faites, des patrouilleurs ont échangé sur le calme inhabituel qui régnait sur la ville. La scène est irréelle, même pour eux.
Les Lévisiens semblent disciplinés et bien adhérer à la nouvelle réglementation qui sera en vigueur jusqu’au 8 février prochain.
16 infractions

Pour la première journée du couvre-feu (entre samedi et dimanche), les policiers du SPVL ont remis 16 constats d’infraction sur un total de 130 interpellations entre 20 h et 5 h.
Parmi les 16 constats, deux ont été remis à des manifestants qui s’étaient rassemblés au parc de la Paix. Ils étaient les seuls sur place.
Malgré la publication de l’événement sur les réseaux sociaux, personne d’autre n’a tenu à s’y rendre.
La dernière soirée s’est donc amorcée dans la plus grande tranquillité.
Elle semblait vouloir se dessiner comme un copié-collé de la soirée de samedi et marquée par une grande quiétude.
Outre les véhicules de patrouille, la majorité des automobilistes croisés étaient des livreurs de restaurants.

Des commandes plus tôt
D’ailleurs, plusieurs restaurateurs ont remarqué rapidement un changement des habitudes chez leurs clients avec l’arrivée du couvre-feu.
«Hier (samedi), ça s’est bien passé. Les clients ont commandé un peu plus tôt qu’à l’habitude aux commandes pour emporter. J’ai l’impression que ce sera comme ça, à l’avenir. Les gens vont venir chercher leur lunch plus tôt», observe Marie Létourneau, propriétaire du Resto Délice, sur la route du Président-Kennedy, au centre-ville de Lévis.
Pour Éric Miller, propriétaire du restaurant L’Oeil du dragon situé sur l’avenue Bégin, la nouvelle règle ne change pas grand-chose.
«Avec le couvre-feu, on ferme à 18 h 30. De toute façon, il n’y a personne après», lance-t-il, précisant qu’il ferme habituellement à 19 h.
Rapidement à la maison
Même si M. Miller a l’opportunité de fermer plus tard avec les attestations de travailleurs essentiels, la clientèle de Lévis semble être peu intéressée à étirer ses soirées, surtout depuis la pandémie.
«Les gens passent prendre leur repas et ils s’en vont à la maison», fait-il valoir.