Le Canada doit rapatrier les Afghans au plus vite

Diane Tremblay
La candidate conservatrice Bianca Boutin, qui a été déployée comme employée civile en Afghanistan, presse le gouvernement de rapatrier les Afghans qui veulent fuir.
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Bianca Boutin, qui se présente dans le comté de Québec, est allée en Afghanistan pour soutenir les troupes en ravitaillement, de décembre 2009 à juin 2010.
Ce qu’elle voit là-bas l’attriste énormément. Les scènes où l’on voit des Afghans accrochés à un avion de l’armée américaine ont de quoi choquer.
Lourd de conséquences
« C’est d’une tristesse sans précédent. Actuellement, il y a une crise, et j’espère qu’élection ou pas, que le premier ministre va mettre en place toutes les mesures pour qu’on sauve un maximum de vies », a dit Mme Boutin.
« Il y a des interprètes, des gens qui ont soutenu l’armée, il faut qu’on prenne les mesures maintenant pour les rapatrier. Il faut y aller », a-t-elle ajouté sans hésiter.
De son côté, Véronique Laprise, qui est elle aussi candidate pour les conservateurs dans la région de Québec, partage la même opinion.
Jeune retraitée des Forces armées canadiennes, elle ne peut s’empêcher d’être consternée par la situation qui prévaut en Afghanistan.
Des pertes
« J’ai perdu des proches, j’ai perdu des amis. J’ai des amis qui subissent encore aujourd’hui les conséquences de l’Afghanistan. Comme ancienne militaire, quand on voit Kandahar se faire prendre par les talibans, ça fait de la peine parce qu’on se demande à quoi tout cela a servi », a partagé Mme Laprise.
« C’est difficile de voir les Afghans livrés à eux-mêmes », a ajouté celle qui a été officière de finances dans les Forces armées canadiennes avant de poursuivre ses études au doctorat, où elle a étudié les mouvements extrémistes religieux.
« Les talibans, ce qu’ils ont très bien compris à l’époque, et ils le disaient ouvertement, ils attendaient qu’on parte pour reprendre le terrain. C’était connu », a-t-elle confié.
« Je suis très déçue que l’administration du gouvernement de Justin Trudeau n’ait pas évacué plus rapidement les locaux qui ont collaboré avec l’OTAN. On savait que ça s’en venait, que c’était un risque. »
« Les Afghans sont dépourvus de ressources. Ceux qui habitent seuls en région ne vont pas aller contre la force politique qui arrive en place. Ils n’ont rien pour se défendre », déplore-t-elle en terminant.