Le Canada doit respecter ces six conditions s’il souhaite battre les Américains


Jonathan Bernier
BOSTON | On souhaitait cette finale, on l’a. Sauf que pour la première fois de l’histoire du hockey, le Canada n’est pas établi favori pour vaincre les États-Unis. Les Américains ont donné raison aux pronostiqueurs en battant leurs voisins 3 à 1 dans le match préliminaire en raison de leur jeu robuste et hermétique. Pour renverser la vapeur et casser le party des Américains, la troupe de Jon Cooper devra réunir quelques conditions. En voici six.

Binnington doit jouer le match de sa vie
Jordan Binnington nous rapproche d’une crise cardiaque chaque fois qu’un adversaire décoche un lancer dans sa direction. Il peut effectuer des arrêts en apparence impossibles avant de céder, quelques minutes plus tard, sur un tir anodin. Pendant ce temps, Connor Hellebuyck est au sommet de son art. Il n’a accordé qu’un but dans chacun des deux matchs qu’il a disputés. En trois rencontres, Binnington en a donné huit. Si la maxime qui veut que le meilleur gardien l’emporte est solide, le gardien des Blues devra connaître le match de sa vie. Sinon, le Canada est dans le trouble.

L’aura de Sidney Crosby
Il y a une aura qui entoure Sidney Crosby. Dans le camp canadien, tous les joueurs de la jeune génération le vénèrent. Ils voudront tous le suivre au combat. Et puisque le capitaine canadien a l’habitude de se lever quand l’enjeu est grand, c’est de bon augure. Marqueur du but en or lors de la finale des Jeux olympiques de 2010, face à ces mêmes Américains, joueur le plus utile de la Coupe du monde de 2016, gagnant du trophée Conn-Smythe en 2016 et 2017, Crosby est clairement un homme des grandes occasions. Dans le camp américain, personne n’a une ascendance aussi forte sur le reste du groupe.

Connor McDavid doit être le meilleur
Les meilleurs doivent être les meilleurs. Dans le premier match face aux États-Unis, la supervedette des Oilers a ouvert le pointage grâce à un but spectaculaire. Ça s’est calmé par la suite. Ralenti par les retentissantes mises en échec de Charlie McAvoy, il a été grandement effacé. Et ce, même s’il a été le joueur le plus utilisé par Jon Cooper (22 min 44 s). Contrairement à Sidney Crosby et Nathan MacKinnon, il n’a jamais remporté la coupe Stanley. C’est le temps de démontrer qu’il peut être l’homme des grandes occasions.

Cale Makar, le morceau manquant
Le Canada était privé d’un gros morceau samedi dernier au Centre Bell. Cette fois, Cale Makar sera du rendez-vous. Puisqu’il s’agit probablement du meilleur défenseur au monde et qu’il joue près de 25 minutes par match, sa présence viendra grandement stabiliser la ligne bleue du Canada. Sa contribution à l’attaque massive est indéniable. À forces égales, sa vision du jeu permettra aux rapides patineurs canadiens de traverser la zone neutre à pleine vitesse.

Laisser tomber les singeries
Les joueurs canadiens ont embarqué dans les singeries des frères Tkachuk lors du premier match. C’était bien de le faire. Il fallait démontrer qu’on n’allait pas reculer. Cette fois, par contre, l’enjeu est énorme. Le Canada devra demeurer concentré sur la tâche à accomplir et laisser les Américains sombrer dans l’indiscipline, si c’est l’approche qu’ils prônent. Avec Makar comme quart de l’attaque massive, ce sera bien plus payant de marquer en supériorité numérique que de jouer les gros bras.

Faire taire la foule
Cette fois, la foule sera hostile au Canada. Chaque fois que le Canadien affronte les Bruins à Boston, on entend la foule scander: «USA! USA! USA!» Dans une confrontation opposant deux grands rivaux internationaux, au sein de laquelle les Américains veulent démontrer qu’ils sont désormais les monarques du hockey, ce sera fait de façon encore plus soutenue et intense. Surtout en début de match. Les joueurs du Canada devront s’assurer d’éteindre cet enthousiasme. Frapper en premier et frapper tôt les aidera en ce sens.