Le Canada en situation précaire face aux États-Unis, selon des experts
Et ce, malgré une rencontre au sommet de l’OTAN pour la défense de l’Ukraine

Zoé Arcand
Malgré la rencontre d’urgence pour l’Ukraine des alliés européens à laquelle a assisté Justin Trudeau, le Canada dans une situation difficile sur la scène internationale, avec un futur incertain, selon des experts.
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«Après l’Ukraine, le pays le plus exposé aux États-Unis, c’est le Canada, tranche directement l’ex-diplomate canadienne Louise Blais. On sent que Donald Trump voit le Canada un peu comme la Russie voit l’Ukraine.»
Car les Canadiens pourraient bien être les prochains à goûter aux ambitions impérialistes de leur voisin.

«C’est ce que menace de faire Donald Trump», rappelle l’expert en sécurité internationale et directeur du département de Science politique de l’UQAM Justin Massie.
Confrontation désastreuse
Quelques jours après l’incroyable confrontation entre le président américain et son homologue ukrainien au Bureau ovale, Mme Blais ne croit pas que le prochain premier ministre canadien doive «se précipiter» à la Maison-Blanche à la suite de son élection.

Car cette dernière «portera à 90% sur la relation avec les États-Unis», souligne-t-elle. « Pour la gagner, il faut faire face et tenir tête à Donald Trump. Ça ne met pas le futur premier ministre en position confortable pour ensuite aller [dans le Bureau ovale].»
D’autant plus que Donald Trump peut maintenant compter sur le soutien de représentants média vendus à sa cause comme Brian Glenn, un présentateur trumpiste du Right Side Broadcasting Network qui a reproché son accoutrement à Volodymyr Zelensky.

Juste après, Trump lui a d’ailleurs fait un petit clin d’œil. «C’est possible» qu’il s’agisse d’une action concertée entre l’administration Trump et Glenn, croit Mme Blais.
«Ça fait partie du nouvel univers médiatique de la Maison-Blanche», explique celle qui souligne la situation précaire du Canada à l’international.
Prudence et diversification
«Si j’étais Justin Trudeau, je ne me mettrais pas en confrontation avec les États-Unis sur la gestion de la crise en Europe [en lien avec la guerre en Ukraine]» avance Louise Blais, qui croit que c’est aux Européens de «gérer ce dossier».
Sans prôner un désaveu envers l’Ukraine, elle appelle à la prudence, d’autant plus que Trudeau doit céder le pouvoir à son successeur dimanche prochain.
Il en est autrement aux yeux de M. Massie, qui croit que le Canada doit poursuivre ses opérations diplomatiques avec les Européens.

«Je crois qu’on n’a pas le choix de poursuivre le soutien à l’Ukraine, parce qu’il en va de notre sécurité à nous», martèle le premier, pour qui il est évident que le Canada ne peut se défendre seul.
Que ce soit avec le Mexique, les autres pays membres du Conseil de l’Arctique ou avec l’Union européenne, les experts s’entendent pour dire que le Canada doit persister à diversifier ses partenariats à l’international.