Le Canada se prépare pour une catastrophe nucléaire

Photo d'archives Lars Hagberg / AFP

Raphaël Pirro

2023-07-19T21:11:03Z

Le Canada travaillerait secrètement à la mise à jour de ses protocoles d’urgence face au danger de l’utilisation d’armes nucléaires tactiques dans la guerre en Ukraine ou à une attaque par missile balistique intercontinental par la Russie. 

Entre autres choses, les fonctionnaires fédéraux travailleraient à l’élaboration d’un nouveau plan pour assurer le maintien des activités du gouvernement qui inclurait une relocalisation des bureaux du premier ministre et du Parlement ailleurs qu’au centre-ville d’Ottawa.

Cette réforme secrète, révélée par La Presse Canadienne mercredi et confirmée par l’Agence QMI auprès d’une source fédérale, a été amorcée après l’invasion de l’Ukraine par la Russie l’année dernière.

Le danger nucléaire russe

À l’étape de la contre-offensive de l’armée ukrainienne sur les territoires perdus à la Russie, les pays européens craignent plus que jamais que le président Vladimir Poutine n’ait recours aux armes nucléaires «tactiques» dont la portée, plus limitée que les armes nucléaires «stratégiques», reste néanmoins grande, et surtout symbolique.

La Russie, qui posséderait environ 2000 armes du genre, a confirmé avoir déplacé une certaine quantité d’obus en Biélorussie, qui abrite aussi depuis peu des milliers de soldats de la milice privée prorusse Wagner.

Les autorités de la Sécurité publique du Canada s’inquiètent aussi des risques liés à la centrale nucléaire de Zaporijjia, une des plus importantes centrales en Europe tombée aux mains des Russes.

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Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a récemment tiré la sonnette d’alarme concernant le sabotage potentiel de l’usine par la Russie, ce qui pourrait provoquer une «catastrophe» sur le Vieux Continent.

  • Écoutez l'entrevue de Marie Montpetit avec Guy Marleau, professeur adjoint à l’Institut de génie nucléaire de la Polytechnique Montréal, spécialisé dans la physique des réacteurs via QUB radio : 

Le «Diefenbunker»

Ce travail du gouvernement du Canada n’est pas sans rappeler le fameux «Diefenbunker», le large abri sous-terrain construit sous l’ordre de l’ancien premier ministre John Diefenbaker entre 1959 et 1961 en cas d’apocalypse nucléaire, au sommet de la Guerre froide.

Transformé en musée aujourd’hui, l’abri comprenait des dortoirs pouvant abriter plusieurs centaines de personnes, des capacités de ravitaillement en eau et en nourriture, des réseaux de communication à l’ancienne.

Photo d'archives Lars Hagberg / AFP
Photo d'archives Lars Hagberg / AFP

Le plan d’urgence que veut moderniser le Canada trouve justement son origine dans la Guerre froide, à l’époque où les enfants apprenaient à se cacher sous leur bureau à l’école en cas d’une attaque imminente de l’Union soviétique.

Peu de choses sont connues à ce stade-ci du nouveau plan que veut élaborer le Canada, mais les chances que le «Diefenbunker» redevienne d’usage sont plutôt minces considérant la désuétude des technologies de l’époque.

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