Le château fort conservateur tient le coup dans la région de Québec

Photo JEAN-PHILIPPE GUILBAULT
Photo portrait de Karine Gagnon

Karine Gagnon

2025-04-29T04:00:00Z

Contrairement à la tendance qui se dessinait un peu partout au Québec, le château fort conservateur n'a pas trop été ébranlé dans la grande région de Québec. Il espérait même élargir son territoire dans des circonscriptions détenues par le Bloc Québécois.

Précisons-le d’emblée: on ne s’attendait pas à de grosses surprises dans la région depuis le début de cette campagne électorale.

C’était aussi le cas lors du précédent scrutin, en 2021, où rien n’avait bougé.

Sauf que cette fois-ci, les conservateurs entendaient réaliser un exploit qu’on n’observait nulle part ailleurs, malgré la déconfiture de leur chef au national : des victoires additionnelles. Il faut le faire !

Luttes serrées

Au moment de mettre sous presse, des luttes plus serrées s’annonçaient tout de même dans la région.

Dans Beauport–Limoilou et Montmorency–Charlevoix, les candidats conservateurs Gabriel Hardy, un entrepreneur qui se voyait déjà ministre des Sports, et Hugo Langlois, ex-animateur de radio et télévision, rêvaient d’un siège à la Chambre des communes, mais ont finalement fait chou blanc.

Dans Beauport-Limoilou, toute la soirée, le candidat libéral Steeve Lavoie a causé la surprise en se maintenant au premier rang. Il s’agit d’une perte importante pour le Bloc.

Dans Québec-Centre, les conservateurs auraient aussi pu livrer bataille à l’ex-ministre libéral Jean-Yves Duclos.

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Leur candidate, Chanie Thériault, n’a toutefois pas déposé tous les documents requis. Élections Canada, la jugeant non conforme, l’a écartée.

Parlons d’un épisode très peu glorieux pour les bleus, qui n’ont rien trouvé de mieux que de blâmer l’institution.

Comme on pouvait s’y attendre, la machine libérale bien huilée s’est mise en branle.

Son plus proche rival, le candidat bloquiste Simon Bérubé, n’avait pas de chances de l’emporter. Il faut remonter à 2011 pour y trouver la plus récente victoire bloquiste.

Victoires faciles

Pour en revenir au château fort conservateur, on prévoyait des victoires faciles de Gérard Deltell, Pierre Paul-Hus et Joël Godin, mais c’était tout de même plus serré que prévu.

Un scénario semblable se jouait sur la Rive-Sud, où les élus conservateurs Dominique Vien, Jacques Gourde, Bernard Généreux et Jason Groleau l’ont emporté sans difficulté.

Les conservateurs ont ainsi en partie résisté à la vague libérale à laquelle on s’attendait sur la scène nationale, de même qu’à la faiblesse de leur chef, Pierre Poilievre.

Ce dernier n’a pas réussi à s’imposer au Québec ni parmi les troupes québécoises lors de la course à la chefferie en 2022.

Grand silence

Les élus de la région, qui amorcent pour la plupart un quatrième mandat, se sont bouché le nez pour faire les beaux et les belles derrière Poilievre.

Sauf Pierre Paul-Hus, tous avaient préféré appuyer Jean Charest comme candidat à la chefferie.

Le député Joël Godin avait même affirmé qu’il réfléchirait à son avenir si Poilievre devenait chef.

Comme quoi l’attrait du pouvoir peut parfois prendre le dessus sur bien des principes... Jusqu’à accepter de se taire durant trois ans, sauf les rares fois où le chef l’a autorisé à s’exprimer.

Si ça continue, il va falloir parler de la malédiction de Gérard Deltell, qui devra encore une fois se contenter de siéger dans l’opposition.

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