La police d’Ottawa a besoin de 1700 agents au plus vite

Les autorités ont encore une fois réclamé beaucoup de renfort lundi

Peter Sloly, le chef de police d’Ottawa
Peter Sloly, le chef de police d’Ottawa Capture d'écran, TVA Nouvelles

Raphaël Pirro et Anne Caroline Desplanques

2022-02-07T19:05:22Z
2022-02-08T04:39:01Z

OTTAWA | La police d’Ottawa réclame de toute urgence 1700 agents et 100 professionnels en civil en renfort pour venir à bout du siège de la capitale qui dure depuis maintenant 11 jours.

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Une requête formelle a été adressée par la Ville d’Ottawa aux premiers ministres Trudeau et Ford, lundi, une journée après que la capitale a déclaré l’état d’urgence.

Avant ce nouvel appel à l’aide, le fédéral avait déjà dépêché 275 membres de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) dans la capitale.

La plupart ont néanmoins été affectés à la sécurité du parlement et des résidences officielles du premier ministre et de la gouverneure générale. Seulement une vingtaine ont été dépêchés dans les rues, a dit le chef de police Peter Sloly. 

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Mais pour la conseillère municipale du quartier le plus touché par la crise, Catherine McKenney, « ce n’est pas une question de chiffres », mais de priorité et de commandement.

Elle a déposé lundi au conseil une motion réclamant que le gouvernement fédéral assume la pleine responsabilité de la sécurité sur la colline Parlementaire et dans la zone occupée (la zone rouge), afin que la police municipale puisse se concentrer sur les zones résidentielles.

Résidents terrorisés

« Les effets de l’occupation se font sentir bien au-delà de la zone rouge. On n’est plus en sécurité nulle part », a dit le conseiller Jeff Leiper, en appui aux demandes de Catherine McKenney.

La police recherche deux hommes qui auraient tenté d’incendier un immeuble résidentiel à un kilomètre du parlement, après une altercation entre résidents et manifestants. 

Les autorités en ont plein les bras à Ottawa, comme ici, dimanche, où ils ont exigé le démantèlement du campement érigé par un Québécois dans le parc de la Confédération.
Les autorités en ont plein les bras à Ottawa, comme ici, dimanche, où ils ont exigé le démantèlement du campement érigé par un Québécois dans le parc de la Confédération. Photo Agence QMI, Maxime Deland

Le directeur de l’hôpital pour enfants d’Ottawa a partagé sur Twitter le témoignage d’une soignante qui a peur de prendre le transport public depuis qu’elle a été encerclée par une vingtaine de personnes lui hurlant de retirer son masque.

Une crèmerie asiatique à près de deux kilomètres du parlement a dû fermer ses portes après qu’une de ses employées a été plaquée au sol en pleine rue par deux hommes lui hurlant des insultes racistes.

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En réponse à cela, le maire d’Ottawa, Jim Watson, a demandé la nomination d’un médiateur pour dialoguer avec les manifestants, et une brochette de ministres fédéraux a annoncé lundi la constitution d’une « table trilatérale » pour analyser la crise et « développer de meilleures pratiques ».

« Il n’y a aucune urgence dans cette ville de régler ce qui arrive à nos résidents », a déploré la conseillère McKenney, visiblement sous le choc.

Manifestants comme chez eux

Pendant ce temps, dans les rues, les manifestants dansaient sur l’esplanade du parlement, se réchauffaient au coin des feux, rigolaient autour des barbecues et se baladaient avec des bidons d’essence et de diesel autographiés, comme des symboles de résistance.

Seul changement, les klaxons avaient cessé de faire vriller les tympans, une injonction obtenue lundi par une résidente et son avocat pro bono ayant intimé le silence aux envahisseurs pour 10 jours.

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