«Le chef et la douanière»: le grand retour de Manon Briand

Pierre-Paul Poulin / Le Journal de Montréal / Agence QMI
Photo portrait de Maxime Demers

Maxime Demers

2023-09-02T16:00:00Z

Manon Briand ne tient plus en place. Dans une dizaine de jours, elle amorcera le tournage de la comédie Le chef et la douanière, son premier film depuis Liverpool, sorti en 2012. Or, ce n’est pas une panne d’inspiration qui l’a tenue loin des plateaux de cinéma pendant plus d’une décennie, bien au contraire. «C’est le cinquième scénario sur lequel je travaille depuis 10 ans et c’est celui qui aboutit finalement en un tournage», explique la réalisatrice en entrevue au Journal.

«Des scénarios de films, on en imagine plein dans notre tête, mais on ne sait jamais s’ils vont se concrétiser, ajoute-t-elle. Je suis donc très contente de pouvoir enfin tourner!»

Le chef et la douanière, que Manon Briand décrit sans hésiter comme un «feel good movie» (une comédie qui fait du bien), raconte l’histoire d’un chef français en mal de renommée (campé par l’acteur français Édouard Baer) qui tente d’aider une enfant (Élodie Fontaine) à remporter un concours culinaire. Il devra cependant affronter l’hostilité de tout un village à l’égard de sa mère, l’intransigeante douanière locale (Julie Le Breton).

Pierre-Paul Poulin / Le Journal de Montréal / Agence QMI
Pierre-Paul Poulin / Le Journal de Montréal / Agence QMI

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La réalisatrice de 2 Secondes et La turbulence des fluides dit avoir eu beaucoup de plaisir à écrire cette comédie qui «mijote» dans sa tête depuis une dizaine d’années déjà.

«Il y a des petites choses dans le film qui viennent de ma vie personnelle, confie-t-elle. Mais le point de départ, je dirais que c’est un grand reportage que j’ai vu à la télévision sur les chefs étoilés qui s’entraînent pendant des années pour participer à des concours culinaires. Ils mettent tout de côté pour s’entraîner à faire une mousse parfaite. Le chef québécois Samuel Sirois [qui travaillera comme consultant sur le film] avait fait la même chose pour se préparer pour les Bocuse d’Or [un concours mondial de la cuisine]. 

«Ça m’a ouvert à ce monde fascinant qui était, à mes yeux, à la fois drôle et tragique. Ces gens-là peuvent s’entraîner pendant 4 ans pour participer à un concours qu’ils ne gagneront peut-être pas. On peut comparer cela aux sportifs qui s’entraînent des années pour participer à une compétition.»

Un film «généreux»

Manon Briand est consciente que l’univers de la gastronomie a souvent été dépeint au petit et au grand écran, dans les dernières années. 

«Mais mon film ne parle pas que de cuisine, prévient-elle. C’est un prétexte, un environnement, pour parler d’autre chose.»

Un prétexte aussi pour divertir. Car l’un des objectifs principaux du Chef et la douanière sera «de faire rire en procurant une vraie émotion au public». 

«Ce sera un film rempli de générosité et de drôlerie», promet-elle.

La cinéaste se réjouit de pouvoir compter sur le comédien Édouard Baer (Astérix et Obélix: mission Cléopâtre) pour incarner le chef français de son film. 

«Quand on a offert le rôle à Édouard, je m’attendais à ce que ça prenne des mois avant d’avoir une réponse. Mais au bout de trois jours, il m’a appelée pour me dire qu’il acceptait, relate-t-elle. 

«Ce qui aide beaucoup, c’est qu’Édouard adore le Québec. Il suffit de passer une heure avec lui sur la rue pour voir l’effet qu’il a sur les gens. C’est un charmeur incroyable!» 

Elle est aussi fière du reste de la distribution de son film, qui comprend aussi Julie Le Breton (dans le rôle de la douanière), Michèle Deslauriers (la mairesse du village), Normand Chouinard, Lélia Nevert, Oussama Fares, Douaa Kachache et Sylvain Marcel.

«Je me suis payé la traite. J’ai mis tout le monde que j’aimais», conclut-elle.

Le tournage de la comédie Le chef et la douanière se déroulera cet automne à Montréal et en Montérégie. Le film prendra l’affiche à l’été 2024.

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