Le défi le plus difficile de Marie-France Bazzo

Sabin Desmeules

2025-11-13T11:00:00Z

Jamais Marie-France Bazzo n’a eu autant de mal à convaincre des gens de participer à un projet! Elle revient sur la difficile conception du documentaire-choc Le grand retour des annulés...

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C’est parce qu’elle est convaincue qu’on est mûrs pour une discussion collective que la productrice et animatrice Marie-France Bazzo propose son documentaire Le grand retour des annulés. Après les vagues de dénonciations de comportements répréhensibles et d’annulations de personnalités aux gestes déplacés qui ont déferlé sur le Québec il y a quelques années, on assiste maintenant au retour de certains «annulés» dans la sphère publique. «Tout ça nous a changés comme société, note Marie-France. Il y a beaucoup de monde qui le dit des deux côtés: "On a avancé; il y a des choses qui ne se pourraient plus aujourd'hui.’’ Mais on n'a pas pris le temps d'en discuter. Il y a encore beaucoup de colère, constate la productrice et animatrice. Il faut qu’on en parle collectivement.»

Il n’est pas simple de parler de l'annulation sans se faire accuser de prendre un parti plutôt qu’un autre! C’est pourquoi elle tente de donner la parole équitablement à chacun des camps. Oui, elle l’admet: «J’ai eu des tonnes de refus pour participer au documentaire.» L’équipe dit avoir contacté plusieurs gros noms qui ont été visés par des dénonciations, mais pas Gilbert Rozon, parce que le cas était devant les tribunaux.

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Le cas Guillaume Lemay-Thivierge

Guillaume Lemay-Thivierge témoigne brièvement dans le documentaire; on l’entend, mais on ne le voit pas.

«L'idée d'être associé à quelqu'un qui n'est plus le bienvenu dans son propre métier, c'est quelque chose que, moi, j'ai beaucoup de difficulté à accepter», commente-t-il dans le documentaire. La productrice explique avoir tenté d’obtenir une grande entrevue en personne avec lui. «On a eu de longues, longues, longues rencontres avec lui. Il est venu sur le bord (d’accepter), et puis, je pense qu’il n’était pas prêt.»

La peur de nuire à leur retour

La plupart des annulés qu’elle et son équipe ont contactés pour parler à la caméra ont fermé la porte. «On en a rencontré, pensez à plein de noms, on s’est assis avec eux très longuement, c’était vraiment des séances où ils racontaient — souvent, ils étaient avec leur blonde — ce qui s'était passé, leur compréhension, leur interprétation de leur annulation... Tous parlaient d'une immense souffrance et, pour certains d'entre eux, d'avoir voulu en finir... La peur, c'était de revivre ça une deuxième fois en participant au documentaire et à nouveau lors de la sortie de celui-ci!»

Bernard Adamus est le seul «annulé» qui a accepté de témoigner à la caméra. «Il était d'abord très méfiant.» Mais la présence de Marie-France Bazzo à la tête du documentaire l’a rassuré. Puis, la productrice et le réalisateur l’ont rencontré et la conversation a réussi à s’établir.

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Mais ça ne s’est pas passé comme ça avec tous les autres qui ont été approchés. «Plusieurs nous disaient: "Je suis en train de réussir mon retour. Pourquoi j’irais m’exposer dans un documentaire où je reviens sur le jour un alors que je suis rendu à une autre étape?!’’» Parmi les refus, il y a eu celui d’Éric Salvail. «Il m'a répondu très cordialement qu'il menait une autre vie dans laquelle il était très heureux et que ça ne serait pas possible», confie la productrice.

Une victime courageuse

Du côté des victimes, Kim Boisvert est une des rares à avoir accepté de partager sa souffrance. «Revivre ça, on le voit, ce n'était vraiment pas facile! Elle était extrêmement courageuse!», commente Mme Bazo.

De la souffrance des deux côtés

La souffrance, tant d’un côté que de l’autre, a été palpable pendant la préparation et le tournage du documentaire. «Tout le monde avait peur et ne voulait pas souffrir à nouveau. Ça, ç'a été une des révélations à l’étape de la recherche, même pendant que le documentaire était engagé... La souffrance de tous les côtés... Je n’essaie pas de qualifier et de quantifier la souffrance des uns et des autres... Mais, visiblement, ils l'ont tous vécue.»

Qu’est-ce qu’un retour réussi?

Quand on demande à Marie-France si elle croit qu’un vrai retour réussi, sans séquelles, existe, elle ne peut répondre clairement. «Quels sont les critères pour qualifier un retour de réussi? Est-ce que c’est lorsque la personne a récupéré ses commanditaires et ses apparitions médiatiques? C’est quoi, un "retour réussi"? Bernard Adamus n’est pas là. Mais considère-t-il que, actuellement, son retour, qu’il veut modeste, il se pourrait qu’il le trouve réussi parce qu’il est bien avec lui-même, parce qu’il est sobre depuis cinq ans, parce qu’il a fait une démarche et parce que sa fille le soutient aujourd’hui?»

Vous pouvez visionner le documentaire Le grand retour des annulés sur téléquébec.tv.

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