Le fabuleux destin de Pat Brisson

Photo d'archives Martin Alarie

Agence QMI

2021-01-30T02:02:08Z

Le Québécois Pat Brisson, aujourd’hui l’un des agents de joueurs les plus influents, est parti de presque rien à 22 ans pour s’établir à Los Angeles et ainsi construire les fondations d’une fabuleuse carrière.

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Brisson n’avait que 1500$ en poche en arrivant en Californie. Il a eu immédiatement l’aide de son ami Luc Robitaille, qui évoluait pour les Kings.

«Je donne beaucoup de mérite à mon bon ami Luc Robitaille qui m’a hébergé, a confié Brisson, vendredi, à l’émission JiC sur les ondes de TVA Sports. J’étais venu le visiter pour deux semaines. J’ai décidé de rester six semaines. C’était dans les éliminatoires au mois d’avril 1987.»

«[Puis] j’ai décidé de déménager le 15 octobre 1987 pour de bon. On restait à Westwood dans ce temps-là. Steve Duchesne habitait pas loin de chez nous. Je lavais des autos à 4$ de l’heure. Mon ami Gene Smith était propriétaire, un Canadien de Calgary. Au début, c’était difficile, mais j’ai commencé à donner des cours de hockey dans les arénas. J’ai été impliqué au lave-auto pendant un an et demi.»

Entrepreneur dans l’âme

Il faut dire que Brisson, qui est originaire de Salaberry-de-Valleyfield, a toujours eu la fibre entrepreneuriale.

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«J’ai toujours eu le concept de l’offre et la demande, a indiqué celui qui travaille pour l’agence Creative Artists Agency depuis 14 ans. Plus jeunes, on ramassait tous des cartes de hockey. Je me suis aperçu assez vite qu’on achetait plusieurs paquets de cartes pour essayer de trouver nos favoris dans les cartes. Des fois, tu avais un Guy Lafleur ou un Yvan Cournoyer. Je me suis dit que si je mets les meilleures cartes dans certains paquets, je peux vendre des paquets un peu plus dispendieux et vendre l’idée à la personne qui achète qu’il n’a pas besoin d’acheter une vingtaine de paquets de cartes pour avoir la carte qu’il cherche.»

«L’offre et la demande est quelque chose que j’avais en moi et je l’ai exploré jeune. J’ai essayé toutes sortes de choses comme ça.»

Mais comme c’est souvent le cas dans les affaires, Brisson était au bon endroit, au bon moment. En effet, en 1988, les Kings ont fait l’acquisition de Wayne Gretzky, ce qui a donné la cote à un sport qui, traditionnellement, n’était pas dans les priorités des Californiens.

«Le timing dans tout ça est important, a reconnu Brisson. En 1988, quand Gretzky a été échangé à Los Angeles, il y a eu un gros boom, une grosse demande immédiate. Si tu connaissais le hockey, à ce moment-là, tu pouvais capitaliser.»

Plus que des négociations

Pour plusieurs, le travail d’agent de joueurs revient à négocier les contrats et à empocher la grosse commission qui vient avec la signature. Pourtant, ce n’est qu’un faible pourcentage du travail quotidien de l’agent.

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«Si c’était si facile, il y aurait tellement de personnes qui feraient ce qu’on fait, a dit sans détour Brisson. [...] Les négociations, c’est peut-être 10% de notre travail, des fois 5%. Mais il y a des situations corsées. Patrick Kane, quand il a eu ses problèmes, il a fallu travailler d’une certaine façon. La blessure de Sidney Crosby [aussi]. Notre travail, c’est de servir le joueur, qu’il soit dans la Ligue américaine ou dans la East Coast League.»

«Il y a des phases de développement. De plus en plus aujourd’hui, le jeune veut savoir pourquoi. À l’époque, tu envoyais un jeune dans les mineures, tu lui disais "travailles fort et on va te rappeler". Ça finit là. Aujourd’hui, ça prend des sessions vidéo pour expliquer ce qui se passe step by step. Avec les médias sociaux, les gens sont informés à la seconde. [...] [Notre travail], c’est 24/24. Des fois, tu te lèves dans la nuit pour penser à ce que tu vas dire le lendemain matin. Il faut être passionné.»

Directeur général un jour?

Si Brisson est au sommet de son art en tant qu’agent, son nom est souvent au coeur des rumeurs lorsqu’un poste de directeur général se libère, comme c’est le cas actuellement chez les Penguins de Pittsburgh, après le départ de Jim Rutherford.

Est-ce que le Québécois a pour plan, un jour, de sauter la clôture et de diriger les opérations hockey d’une équipe de la Ligue nationale?

«J’ai eu des opportunités qui se sont présentées dans le passé, a confié Brisson. Ce n’est pas mon but présent. J’aime ce que je fais. On continue, ça va super bien. Je pense qu’on a huit ou neuf joueurs qui sont classés en première ronde cette année pour le prochain repêchage.»

«Je suis passionné par ce que je fais et je continue à être connecté avec mes joueurs et mon personnel. En temps et lieu, si jamais il y a une opportunité, dans 10 ans ou dans cinq ans, peut-être jamais. La porte est toujours ouverte, mais ce n’est pas quelque chose que je recherche.»

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