Le film québécois «Dis-moi pourquoi ces choses sont si belles» séduit au Festival du film d’Angoulême

FILMS OPALE
Photo portrait de Maxime Demers

Maxime Demers

2024-08-31T17:00:00Z

ANGOULÊME – En réalisant un film inspiré de la relation épistolaire entre le frère Marie-Victorin et la botaniste Marcelle Gauvreau, la cinéaste Lyne Charlebois ne s’attendait pas nécessairement à ce que ce sujet intimement lié à l’histoire du Québec trouve écho à l’extérieur de nos frontières.

C’est donc une belle et agréable surprise pour elle de voir que son drame Dis-moi pourquoi ces choses sont si belles attire cette semaine un grand nombre de cinéphiles lors de chacune de ses projections au Festival du film francophone d’Angoulême (FFA), dans le sud-ouest de la France.

Sélectionné en compétition officielle au FFA, le long métrage qui évoque les amours chastes entre Marie-Victorin et Marcelle Gauvreau dans le Québec des années 1930 et 1940 a été présenté à six reprises depuis mardi, toujours devant des salles pleines.

«Et selon ce qu’on nous a dit, ça applaudit fort après les projections», relate Lyne Charlebois, rencontrée samedi matin en compagnie de l’actrice principale de son film, Mylène Mackay, et du directeur photo André Dufour.

«J’avais un peu peur que ce film-là reste local puisqu’il raconte une histoire très québécoise», ajoute la réalisatrice. «Ça m’a donc vraiment fait plaisir qu’il soit choisi par les programmateurs d’Angoulême. Cela veut dire qu’il y a quelque chose d’universel dans le film.»

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Selon Mylène Mackay, qui prête ses traits à Marcelle Gauvreau dans le film, les spectateurs français sont déjà, au départ, friands d’histoires épistolaires.

«Ça leur fait penser aux lettres de Musset», observe-t-elle. «L’ode à la nature qu’on retrouve dans le film semble aussi beaucoup toucher les gens.»

André Dufour, Mylène Mackay et Lyne Charlebois lors d’une projection du film «Dis-moi pourquoi ces choses sont si belles», à Angoulême.
André Dufour, Mylène Mackay et Lyne Charlebois lors d’une projection du film «Dis-moi pourquoi ces choses sont si belles», à Angoulême. MAXIME DEMERS

«Une ville de cinéma»

Angoulême étant une petite ville, Lyne Charlebois, Mylène Mackay et André Dufour se font souvent aborder depuis mardi par des festivaliers qui ont été, de toute évidence, séduits par le film.

«C’est le fun parce que pendant cinq jours, on a l’impression qu’Angoulême se transforme en ville de cinéma. Que ce soit dans la rue ou le soir au restaurant, les gens viennent nous voir pour nous parler du film», raconte Mylène Mackay.

Il y a 17 ans, Lyne Charlebois remportait le prix du public de la toute première édition du Festival d’Angoulême avec son premier long métrage, Borderline. Pourrait-elle mettre la main sur un autre prix lors de la cérémonie de clôture de l’événement, dimanche soir? La cinéaste préfère ne pas trop y penser...

«Je n’aime pas cette sensation-là», avoue-t-elle. «Je sais que je vais être contente si je gagne et que je vais être déçue si je ne gagne pas. J’aurais aimé mieux ne pas être dans cette situation-là. Je considère que c’est déjà un grand privilège de faire un film alors [que] je suis très honorée d’être ici pour pouvoir en présenter un.»

Sorti en salle au Québec en juin dernier, Dis-moi pourquoi ces choses sont si belles est offert depuis quelques semaines sur les plateformes de vidéo sur demande.

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