Le fils d’Ingrid Falaise suit ses traces
«Les Lève-tôt» seront en ondes tout l'été, de 5h30 à 8h30, sur les ondes de Rythme FM.
Alicia Bélanger-Bolduc
Pour Ingrid Falaise, mettre sa notoriété au service des causes qui lui tiennent à cœur est une véritable mission. Réelle porte-voix, que ce soit à travers ses livres, les émissions qu’elle développe ou les engagements qu’elle soutient, elle parvient à conjuguer carrière et famille telle une équilibriste. Un mode de vie qui incarne pleinement le rêve qu’elle avait pour elle-même.
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Ingrid, tu es à la radio tout l’été à Rythme avec Les Lève-tôt. Comment ça se passe pour le moment?
J’ai vraiment eu un gros coup de cœur sur le plan humain. Je découvre Tatiana Polevoy, et j’ai rarement vécu une telle relation saine dans ce milieu. Notre complicité et notre amitié se développent, mais aussi la confiance et la sécurité. Après 20 ans dans le domaine, j’ai remarqué qu’il y a souvent de la compétition entre femmes. Certaines essaient de tirer la couverture de leur côté, mais avec Tatiana, je me sens complètement libre. Dominic Arpin et moi, on se côtoyait déjà un peu puisqu’on s’implique tous les deux bénévolement dans plusieurs causes. Il y a chez lui une vulnérabilité que je ne connaissais pas et qui me touche beaucoup. La radio du matin est un milieu très intime, on doit se livrer beaucoup et on est très proches de nos auditeurs. On est vraiment un beau trio.

Ce n’est pas ta première fois à la barre d’une telle émission. À quoi ressemble ton horaire?
On ne s’y habitue jamais totalement! C’est un choix et un privilège d’avoir un micro, donc je ne le tiens pas pour acquis. C’est avec cette gratitude que je me lève chaque jour, quand le cadran sonne à trois heures du matin. Ce n’est pas facile, j’ai une famille et je manque beaucoup de moments avec eux, mais je trouve des façons de me rattraper. Je me couche super tôt: je suis au lit vers 8h! J’ai un amoureux extraordinaire qui en prend beaucoup sur ses épaules. Il s'occupe de la routine des trois enfants, il tient le fort pour que je puisse m’occuper de mon sommeil et de mon horaire atypique. Je prends le relais après l’émission. Je suis libérée vers 8h30, donc je ne me repose pas trop!

Outre la radio, à quoi ressemble ton été?
Le vendredi, je flye au chalet pour y passer mes fins de semaine avec ma famille. On s’est bâti un chalet de rêve dans les Laurentides il y a quatre ans. Je suis une fille de nature et de sport, donc je fais fréquemment du bateau, du vélo de montagne, et j’en profite vraiment pour me ressourcer. Ma nouvelle passion est le golf, donc je me retrouve souvent sur un terrain les après-midis, après le travail.
Dix ans après ton premier livre, Le monstre, qui a marqué le Québec, qu’aborderas-tu dans ton nouveau roman, dont la sortie est prévue cet automne?
Je ne peux pas tout dévoiler encore, mais je crois fermement qu’il aura un impact sociétal majeur et qu’il pansera certaines blessures collectives. C’est un récit inspiré d’une histoire vécue par quelqu’un proche de moi, mais aussi de centaines de femmes au Québec. On lève le voile sur une problématique, mais cette fois-ci, on est loin de la violence conjugale. L'histoire est d’actualité. Je pense qu’elle fera couler beaucoup d’encre et qu'elle brisera encore une fois le silence autour d'un sujet tabou.

Dix ans plus tard, es-tu en mesure de comprendre l’ampleur du changement qu'a eu Le monstre dans ta vie?
Je ne suis plus la même personne. Il y a eu un avant et un après l’écriture de ce livre qui a été extrêmement salvateur pour moi. C’est comme si mon histoire appartenait maintenant au Québec. Je suis devenue le porte-étendard d’une cause. Toutes ces mains qui se sont jointes à moi m’ont permis de valider mon expérience, de me guérir et de me débarrasser de la honte que je portais. Dix ans plus tard, je suis digne, droite et fière. Quand quelqu’un brise ton estime de soi, il casse aussi ton âme. Tu penses que tu ne seras jamais capable de te rebâtir. Il me reste quelques blessures, à peine perceptibles, mais elles ne font plus d’ombre à celle que je suis. Je ne croyais jamais pouvoir avoir un enfant et j’ai maintenant un fils que j’élève dans l’égalité et l’équité. Je suis heureuse des changements que j’ai pu opérer en moi, mais également dans la société.
Tu es encore un porte-voix pour la cause de la violence conjugale et tu le sauras peut-être toujours. Est-ce que cet honneur est aussi éreintant à la longue?
Oui. Je suis actrice, autrice et animatrice de radio. Je dis autant de niaiseries que de choses intelligentes. Je suis aussi tout ça. On a chacun notre cheval de bataille, et ce sujet est le mien. C’est surtout épuisant parce que c’est long avant que les choses changent. La violence conjugale existe toujours, malheureusement, et c’est exigeant de devoir en parler encore et encore, mais c’est nécessaire. Je n’arrêterai pas tant qu'elle ne sera pas éradiquée. Je fais tellement d’autres choses que ça ne me définit pas complètement non plus.
Tu viens de célébrer 12 ans d’amour avec ton conjoint, Cédrik. C’est une étape importante pour vous!
On s’est mariés il y a neuf ans et je suis fière de notre relation saine et respectueuse, qui perdure dans le temps. Je souhaite à toutes et à tous un Cédrik dans leurs vies. Ça m’aura pris des années avant de faire confiance à nouveau, mais je suis vraiment avec mon meilleur ami. J’ai sauté à pieds joints dans cette union, et je me sentais en sécurité avec lui. On a travaillé sur notre couple. J’arrivais avec mes blessures et lui sortait d’une relation pas facile. On s’est reconstruits ensemble. On n’est pas toujours d’accord sur tout, mais on a un respect mutuel et on vit une forte passion. C’est une grande fierté pour nous deux.
Ton fils Émil a commencé dans le monde du mannequinat et du jeu récemment. Comment vis-tu cette nouvelle étape?
Je lui souhaite vraiment que ça fonctionne. Il fait face à des déceptions et le métier rentre, mais je crois sincèrement que c’est fait pour lui. Il est beau, il est talentueux, il a un bon sens de la répartie et il a toujours été curieux de ma carrière. J’ai hâte qu’on le découvre et qu’on lui donne sa chance de briller. Ça me fait super plaisir qu’il soit aussi passionné, mais en même temps, j’ai peur. La réalité est ce qu’elle est: notre milieu ne va pas super bien, mais on est là pour bien l’encadrer.
Tu es aussi très proche des fils de ton conjoint. Comment se portent-ils?
Je les élève depuis qu’ils sont tous petits, ce sont tout autant mes enfants! Ilann a 13 ans et étudie au secondaire en théâtre. Il rêve lui aussi d’être acteur. Il est tellement grand maintenant qu’il me dépasse! J'ai beaucoup de plaisir à le voir aller. Maël, qui est autiste, vient d’avoir 18 ans. Il fréquente une école spécialisée géniale. Cet endroit est pour moi un symbole de la beauté de l’inclusion au Québec. Il est à présent plus calme et doux. Ce n’est plus un enfant. Il développe ses propres goûts et ne veut plus toujours être avec nous. On fait beaucoup d’activités en famille, comme du ski et du vélo.
Comment entrevois-tu la suite pour Maël, maintenant qu’il a atteint la majorité?
Il ne pourra jamais travailler ou prendre des décisions par lui-même, et il faudra le protéger à travers tout ça. Quand un autiste passe le cap de l’âge adulte, on a besoin d’une procuration pour s'occuper de lui. C’est une étape bien ardue qu’on traverse en ce moment. On voit aussi que les services diminuent. Il va pouvoir rester à son école jusqu’à 21 ans, mais le «après» demeure une très grosse question. C’est beaucoup de réflexions, mais on est bien encadrés et outillés pour l’instant.
Outre le livre et la radio, as-tu d’autres projets qui t’occupent présentement?
J’ai vraiment de belles choses qui se préparent. Je suis porte-parole du Relais pour la vie, c’est pour moi une façon de me sentir utile. Ma sœur, Lisa, combat actuellement un cancer du sein assez agressif. Ç’a été une onde de choc pour toute la famille, mais mon emploi du temps me permet de l’aider dans ses traitements. Je vois avec elle concrètement où l’argent amassé est utilisé, et c’est encourageant. Les gens peuvent donner jusqu’au 31 août pour cette édition et on les invite tous à venir marcher avec nous. Mon papa a aussi eu un cancer il y a deux ans et il est venu marcher avec nous. Ce sont des événements très puissants. Sinon, je désire être en tournage le plus possible. J’adore incarner des personnages, c’est ce que j’ai toujours voulu faire. Je travaille également sur un balado qui devrait voir le jour à l’automne. Je donne la parole à des gens qui n’en ont pas la chance habituellement: une femme qui s’est sortie des griffes d’une secte, tandis qu'une autre est passée par le processus de la fécondation in vitro pour pouvoir avoir un enfant. C’est important pour moi de donner une voix à ceux qui n’ont pas ma notoriété. C’est un projet encore très gratifiant.