Le GHB, ou drogue du viol, maintenant détectable dans toutes les urgences

Gabriel Côté
Toutes les urgences du réseau de la santé sont désormais munies de trousses pour détecter les drogues du viol comme le GHB, un geste «concret et important» dans la lutte contre les intoxications involontaires, selon le gouvernement Legault.
«C’est vraiment un “game changer”», explique le cabinet du ministre de la Sécurité publique, François Bonnardel.
Les drogues du viol disparaissent très vite de l’organisme, et la détection de ces substances est une question d’heures. Or, il arrive souvent que les victimes ne sont pas en mesure de passer un test de dépistage, ou du moins d’obtenir un échantillon pouvant donner lieu à des démarches judiciaires.
D’où l’importance de donner accès à des tests le plus rapidement possible. «L’urgence est dorénavant la meilleure porte d’accès pour les personnes qui pensent avoir été droguées», a noté le cabinet du ministre de la Santé, Christian Dubé.
En cas de doute, il suffit de se présenter au triage de n’importe quelle urgence, et de demander une «trousse urinaire légale» à l’infirmière présente sur place.
À ce moment, l’urgence recueillera l’échantillon d’urine et contactera, avec le consentement de la personne, le service de police local.
Les trousses seront ensuite analysées par le Laboratoire des sciences judiciaires et de médecine légale. C’est le service de police qui communiquera les résultats à la victime, en vue de discuter avec elle de la poursuite du processus d’enquête, s’il y a lieu. Cette démarche est volontaire, et les personnes victimes pourront en tout temps décider de mettre fin au processus.
«Si la victime veut porter plainte, on aura maintenant accès à une preuve tangible qu’on pourra relier au témoignage. Ça va entre autres faciliter les enquêtes quand les événements se produisent dans des lieux privés, par exemple un souper entre amis pendant le temps des Fêtes», a expliqué le cabinet du ministre Bonnardel.
Par ailleurs, le gouvernement rappelle qu’il est toujours possible de signaler un cas d’intoxication involontaire et d’obtenir de l’aide en composant le 911 ou en se présentant à un poste de police.
Cette mesure s’inscrit dans le plan de lutte contre les intoxications involontaires du gouvernement. Au cours des derniers mois, Québec a investi 60 000$ dans une campagne de sensibilisation pour faire comprendre que le fait de glisser une substance dans le verre d’autrui est un crime.
Il avait également déployé un projet-pilote de protège-verres dans les bars de la région de Montréal.