Le jeu du tramway

Photo portrait de Karine Gagnon

Karine Gagnon

2020-12-08T10:00:00Z

Les preuves s’accumulent à l’effet que le tramway, plus important projet de l’histoire de Québec, est de nouveau empêtré dans des jeux politiques de bas étage.

On a pu en avoir une autre belle — et pathétique – démonstration depuis samedi, car Le Journal rapportait que le tracé à l’ouest serait préservé tel quel, selon une source bien au fait du dossier.

Des documents datant du mois dernier, et dont Le Journal a obtenu copie, viennent aussi confirmer que le gouvernement Legault considère que l’extrémité ouest du tracé présente un bon potentiel d’achalandage, à condition que des projets de développements soient réalisés. 

C’est aussi ce qu’a confirmé le maire de Québec avant la séance du conseil municipal, hier. Selon lui, il y a un consensus sur le tracé à l’ouest, qui doit être desservi. 

Pied à terre

Étrangement, le gouvernement Legault a choisi de répliquer à l’information obtenue par Le Journal dans un média concurrent. Citant une source gouvernementale, on y parle de prévisions « jovialistes » de la part de la Ville, pour le secteur Le Gendre. 

Ces propos s’avèrent une belle illustration de la division qui règne au sein de la CAQ à propos du tramway. Il semble que le ministre des Transports soit favorable au projet et s’efforce de s’élever au-dessus de la mêlée. Bon point pour lui. Toutefois, le projet divise les élus du caucus de Québec, dont les relations avec le maire au bouillant caractère sont loin d’être des plus harmonieuses. 

Chacun tente de tirer la couverte de son bord, si vous me passez l’expression bien québécoise. 

Ces jeux de pouvoir, s’ils servent certains égos, ont un impact négatif sur le projet puisqu’ils engendrent des retards. Le gouvernement n’a toujours pas dévoilé les études d’achalandage, attendues cet automne. Le maire Labeaume, qui paraissait résigné hier, ne s’attend plus à recevoir le feu vert du gouvernement d’ici Noël.

Il fut un temps où tous les projets de la région de Québec étaient mis au ban par la CAQ : qu’on pense au Diamant, aux Nouvelles Casernes ou au Centre de glaces, qui ouvrira l’an prochain. 

Les caquistes s’opposaient aussi au tramway, mais, en 2018, la CAQ a décidé d’appuyer le projet, auquel croit le premier ministre. Il serait grand temps que François Legault mette son pied à terre dans le dossier.

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