Virus au Liban: les professionnels de santé tirent la sonnette d’alarme

AFP

2021-01-02T10:27:20Z

Le Liban se dirige vers une situation sanitaire «catastrophique», ont averti samedi des professionnels de santé après une forte hausse des cas de contamination à la COVID-19 durant les fêtes de fin d’année et une quasi-saturation des hôpitaux. 

Le Comité national de lutte contre la COVID-19 doit se réunir dans la journée pour recommander aux autorités un nouveau confinement du pays pendant trois semaines, a indiqué à l’AFP Petra Khoury, présidente de cette commission. 

Plusieurs confinements ont été décrétés dans le pays depuis février 2020, dont le dernier en date en novembre. Mais les restrictions ont ensuite été largement assouplies, donnant lieu à une hausse sensible des infections durant la période des Fêtes.

Mercredi, plus de 3500 nouveaux cas ont été enregistrés, un pic quotidien. Au total, 183 888 cas ont été recensés officiellement jusqu’à présent, dont 1466 morts, sur une population de quelque six millions d’habitants, dont près de 1,5 million de réfugiés.

Samedi, le président du syndicat des hôpitaux privés, Sleiman Haroun, a évoqué une situation «catastrophique». Les 50 hôpitaux privés du pays qui accueillent les patients atteints de la COVID-19 sont «quasi saturés», a-t-il déclaré à l’AFP.

Ces hôpitaux consacrent au total 850 lits aux patients contaminés, dont 300 aux soins intensifs, selon lui. «Les patients font la queue aux urgences en attendant un lit.» 

«Le problème, c’est qu’une fois qu'un patient est aux soins intensifs, il y reste trois semaines» ce qui retarde l’admission de nouveaux malades, a dit Petra Khoury.

Selon elle, «les rassemblements et les fêtes privées organisés à Noël et au Nouvel An» ont largement contribué à la hausse des contaminations. «Ils représentent plus de 70% des cas positifs» ces derniers jours. 

Et les unités des soins d’urgence dans les hôpitaux de Beyrouth sont saturées «à plus de 90 %», a ajouté Mme Khoury.

En attendant une décision des autorités sur un éventuel nouveau confinement, la Croix-Rouge libanaise a dit craindre le pire.

«Plusieurs hôpitaux à Beyrouth nous ont demandé de ne pas transférer les patients chez eux. Nous les transportons donc vers des hôpitaux dans la Békaa (est) ou à Nabatiyé (sud)», a indiqué à l’AFP le secrétaire général de la Croix-Rouge, Georges Kettaneh.    

Outre la grave crise sanitaire, le Liban est plongé dans sa pire débâcle économique qui a provoqué un doublement du taux de pauvreté d’après l’ONU.

Le pays doit recevoir en février sa première cargaison du vaccin.

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