Le ministre de la Santé assume la décision de fermer les salles de restaurants
Vincent Larin
Le gouvernement Legault assume toutes les décisions qu’il a prises depuis le début de la pandémie, y compris celle de fermer les salles des restaurants en zones rouges, même s’il s’agissait d’une mesure qui allait au-delà de la recommandation de la Santé publique.
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C’est ce qu’a déclaré le ministre de la Santé Christian Dubé en brandissant l’importante hausse de 1842 cas de COVID-19 rapportée jeudi pour faire valoir qu’il s’agissait de la décision à prendre.
- Écoutez l'analyse de Caroline St-Hilaire et d'Antoine Robitaille avec Benoit Dutrizac sur QUB radio:
«Les restaurateurs, quand [le ministre de l’Économie] M. Fitzgibbon, leur parlait, savez-vous ce qu’ils disaient: aussi bien les fermer», a-t-il dit au sujet des salles à manger que la Santé publique conseillait plutôt de rendre accessibles seulement aux bulles familiales.
Québec solidaire demande de son côté au premier ministre, François Legault, de s’excuser auprès des restaurateurs des zones rouges pour être allé au-delà de la recommandation de la Santé publique.
Interrogé par les partis d’opposition mercredi soir, le directeur national de santé publique, le Dr Horacio Arruda, a révélé qu’il avait plutôt conseillé au gouvernement de permettre les soupers au restaurant, mais seulement entre membres d’une même bulle.
Une décision qui a eu des effets terribles pour de nombreux restaurateurs, a rappelé la co-porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé.
«[François Legault] a fait un choix politique, ce qui lui appartient, sauf que le choix qu'il a fait, il savait qu'il allait mettre des entreprises en péril et il aurait dû dire à son ministre de l'Économie: "Bien, tu vas soutenir ce monde-là"», a-t-elle martelé en déplorant la complexité des programmes de compensations mis en place.
- Écoutez la chronique du journaliste André Noël critiquant le Dr Horacio Arruda à QUB radio:
Dénonçant une «décision politique», le chef parlementaire du Parti québécois, Pascal Bérubé, a invité le premier ministre à prendre les devants et à révéler s’il avait pris d’autres décisions qui dépassaient les recommandations de la Santé publique.
«Le gouvernement nous dit systématiquement [...] que c'est toujours la Santé publique qui décide. D'accord. Bien, on a appris que ce n'est pas vrai, qu'il y a des exceptions», a-t-il soutenu.