États-Unis: le nouveau plan d’aide économique dans le détail

AFP
Les 900 milliards de dollars du nouveau plan de soutien à l’économie américaine vont être débloqués, Donald Trump ayant ratifié le texte dimanche au terme d’une semaine de doutes. En voici les principales mesures.
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Ménages
Les ménages les moins riches vont recevoir un chèque de 600$ par adulte et par enfant, sous condition de revenus (jusqu’à 75 000 dollars annuels par personne, ou 150 000 dollars pour un couple marié), pour un montant total de 166 G$.
Le versement des allocations chômage va être prolongé jusqu’au 14 mars (avec quatre semaines supplémentaires pour ceux qui n’ont pas épuisé leurs droits), et il sera de nouveau étendu aux travailleurs qui ne peuvent habituellement pas y prétendre, notamment les chauffeurs et les livreurs de la «gig economy» (économie à la tâche).
Ces mesures avaient été adoptées fin mars, car les allocations chômage classiques sont versées par chaque État, pendant six mois pour les plus généreux. Mais ces mesures ont pris fin le 26 décembre, et plus de 12 millions d’Américains s’étaient retrouvés sans revenu du jour au lendemain.
Une autre mesure, qui avait, elle, expiré fin juillet, a été restaurée: le versement de 300$ supplémentaires par semaine pour tous les chômeurs. C’est toutefois moitié moins que ce qui avait été accordé d’avril à juillet.
Enfin, les expulsions locatives sont suspendues jusqu’à fin janvier 2021, et une enveloppe de 25 G$ est prévue pour des prêts bancaires aux collectivités locales, afin qu’elles aident les locataires à payer leur loyer.
Enfance et éducation
Alors que les cours sont toujours virtuels, au moins une partie de la semaine, pour une majorité d’élèves américains, 82 G$ seront débloqués, notamment pour permettre aux écoles publiques et privées de s’équiper afin d’accueillir de nouveau leurs élèves, tout en garantissant leur sécurité et celle des enseignants.
Une enveloppe d’un peu plus de 10 G$ est par ailleurs prévue pour les crèches et les autres établissements qui accueillent les plus petits. Elle doit aussi financer un programme d’aide, alimentaire entre autres, pour les enfants des familles aux plus faibles revenus.
Lutte contre la COVID-19
Le texte prévoit un peu plus de 55 G$ pour financer les tests, le traçage, mais aussi accélérer la vaccination, et continuer la recherche, à travers plusieurs programmes.
Entreprises
Un total de 325 G$ sera dédié aux petites et moyennes entreprises.
Mesure phare du premier plan de relance au printemps, le programme de prêts aux petites et moyennes entreprises, dit PPP, est reconduit, pour les entreprises n’ayant pas plus de 300 salariés et dont le chiffre d’affaires a chuté d’au moins 25% sur un trimestre en 2020 comparé à la même période en 2019.
Dans la première version, la dette pouvait être effacée si l’argent était utilisé pour payer les salaires. Les usages possibles ont, dans cette deuxième mouture, été élargis aux factures, mais aussi aux dommages subis lors des manifestations contre les violences policières et les inégalités raciales et économiques de l’été aux États-Unis.
Des aides de 16 G$ doivent sauver des dizaines de milliers d’emplois dans les compagnies aériennes et leurs sous-traitants. Et 2 G$ doivent aider les aéroports.
Pour continuer à assurer la maintenance des autoroutes malgré la baisse de revenus liée à la COVID, les États et les autorités locales recevront un total de 10 G$.
Et 15 G$ seront affectés au transport ferroviaire et aux réseaux de bus et de métros, qui ont vu leur fréquentation plonger depuis le mois de mars.
Lourdement pénalisés par la pandémie, les cinémas indépendants, les théâtres, les salles de concert et les institutions culturelles bénéficient de 15 G$.
Et 10 G$ iront soutenir la poste américaine, l’USPS, dont les difficultés financières sont anciennes, mais ont été accentuées avec la pandémie et la campagne électorale.