Le NPD et le Bloc réclament le départ du PDG d’Air Canada

Raphaël Pirro
Le Bloc québécois et le NPD ont tous deux réclamé la démission du PDG d’Air Canada pour ses déclarations insensibles sur le fait français, qui ont mis le feu aux poudres.
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«Alors qu’Air Canada accumule les plaintes depuis plusieurs décennies pour son incapacité à fournir des services en français adéquats et se dote maintenant d’un dirigeant unilingue anglophone, nous demandons au gouvernement fédéral d’user de sa position d’actionnaire d’Air Canada afin d’exiger la démission de M. Rousseau, en plus de laisser le champ libre à Québec dans son intention d’appliquer la Charte de la langue française aux entreprises fédérales», a fait savoir le bloquiste Mario Beaulieu, porte-parole en matière de Langues officielles.
Aux yeux du député québécois du NPD, Alexandre Boulerice, Michael Rousseau «crache dans le visage des Québécoises et Québécois et de tous les membres des communautés francophones au pays». Le parti réclame aussi sa démission.
«Le fait français est menacé, et là, nous avons le PDG d’une compagnie fédérale, soumise à la Loi sur les langues officielles, qui se vante d’avoir une mère et une femme francophone, mais qui n’a jamais levé le petit doigt pour apprendre un mot en français! Faut le faire! Il devrait avoir honte. Il n’aurait jamais dû accéder à ce poste-là», a vociféré l’élu de Rosemont–La Petite-Patrie.
Michael Rousseau a créé un tollé mercredi lors d’un scrum impromptu à sa sortie d’une conférence à la Chambre de commerce de Montréal, où il a livré un discours uniquement en anglais.
M. Rousseau expliquait qu’il n’avait eu aucun problème à vivre à Montréal sans maîtriser le français depuis son arrivée dans la métropole québécoise, en 2007.
Ses propos ont traversé l’atlantique pour atterrir dans les oreilles de François Legault, en déplacement à Glasgow, en Écosse, pour la COP26. «Je ne peux pas imaginer que le numéro un, le président, ne soit pas capable de s’adresser à ses employés en français. C’est inqualifiable», a tonné le premier ministre québécois. Il s’agit d’un «manque de respect», a-t-il pesté.
Du côté de Québec, jeudi, le Parti libéral et Québec Solidaire ont aussi réclamé le départ de Michael Rousseau.
M. Rousseau a tenté de sauver les meubles en matinée, jeudi, à travers la publication d’un communiqué indiquant qu’il avait désormais l’intention d’apprendre la «langue d’usage» du Québec.
L’expression lui a valu une nouvelle ronde de critiques, car plusieurs ont noté que le français est non seulement la langue d’usage, mais bien la langue officielle du Québec.
Le NPD, à l’instar du Bloc québécois, réclame que les entreprises à charte fédérale située en sol québécois soient soumises à la loi 101. C’est toutefois la loi fédérale sur les langues officielles qui s’applique.
«Notre ligne aérienne nationale est assujettie à nos lois et a reçu un appui financier colossal pendant la crise, et ce, après avoir mis à pied des milliers de travailleuses et travailleurs. Ce mépris pour ses employés et pour ses clients est inacceptable. Les francophones de ce pays ne sont pas des citoyens de seconde classe. Ils méritent mieux», a déclaré Niki Ashton, porte-parole du NPD en matière de langues officielles.