La Grèce, épargnée au printemps, débordée par le « tsunami » de la pandémie

AFP

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2020-11-12T16:43:33Z

En moins de deux semaines, le nombre de victimes du coronavirus a bondi en Grèce: « un tsunami » selon le Premier ministre conservateur qui, après avoir vite réagi lors de la première vague de la pandémie, se trouve désormais accusé « d’avoir tardé » à endiguer la deuxième. 

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Depuis fin octobre, le nombre quotidien de morts a quadruplé, à 42 décès mercredi, et celui des infections a doublé, à près de 3000 en un jour.

« Les prochaines semaines seront extrêmement critiques », a mis en garde le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis jeudi, lors d’un débat parlementaire houleux.

Face à la détérioration de la situation, après un confinement partiel fin octobre, le pays s’est reconfiné une semaine plus tard, jusqu’au 30 novembre, les Grecs ne pouvant plus circuler que sur autorisation envoyée par SMS.

Et le gouvernement est encore monté d’un cran mercredi soir, avec l’imposition d’un couvre-feu nocturne dès 21H00 à partir de vendredi.

D’une population de 10,9 millions d’habitants, la Grèce déplore depuis le début de la pandémie fin février, 909 décès et 63 000 contaminations dont la grande majorité ces quatre derniers mois.

Particulièrement touchée, Thessalonique, deuxième ville grecque, où 32% des habitants ont été testés positifs au coronavirus ; « le système de santé est dans le rouge », selon le ministre de la Santé, Vassilis Kikilias. 

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Relativement épargnée jusqu’alors, la Grèce ne comptait que dix cas par jour lors du déconfinement début mai. À la mi-juin, lors de l’ouverture progressive des frontières aux touristes, le nombre total des morts était de 185 et celui des contaminations de 3000, avant d’entamer une escalade continue.

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« Négligence criminelle »

Avec une économie en convalescence au sortir d’une décennie de crise et une récession prévue à 10% cette année, « la décision du reconfinement a été difficile » pour Kyriakos Mitsotakis, aux rênes du pays depuis juillet 2019.

Mais « devant le tsunami, il a fallu (construire) une digue », a-t-il souligné.

« +Les rapid test+ ont débuté plus tôt en Grèce que dans d’autres pays européens », s’est félicité le Premier ministre conservateur, en réponse aux accusations de « négligence » de l’opposition.

« Il y a eu une négligence criminelle », a fustigé l’ex-Premier ministre Alexis Tsipras, chef de Syriza, le principal parti d’opposition de gauche, accusant le gouvernement d’avoir permis l’arrivée des touristes sans prendre de mesures strictes ou sans renforcer suffisamment le système de santé. 

Comme la majorité des pays d’Europe, la Grèce redoute une paralysie de son système hospitalier aux défaillances endémiques.

Toutefois, Kyriakos Mitsotakis se veut rassurant: « le nombre de lits en soins intensifs a augmenté » ainsi que le personnel hospitalier et médical ces derniers mois, a-t-il dit.

Les blouses blanches ont toutefois manifesté jeudi en Grèce. « Brisons le silence. Embauches de personnel permanent. Réquisition des cliniques privées », pouvait-on lire sur une banderole déployée devant un hôpital de Thessalonique.

Lors de la première vague de la pandémie en mars, le gouvernement grec avait confiné le pays dès le premier décès, pour éviter la dramatique expérience de l’Italie voisine. 

Se félicitant alors d’ « avoir vaincu la première vague de la pandémie », le gouvernement avait misé sur « le retour » du tourisme, n’imposant toutefois que des tests aléatoires aux voyageurs européens.

Ce n’est qu’aux frontières terrestres du pays, lors de l’augmentation des cas de COVID-19 dans les pays balkans voisins, que les certificats de tests négatifs étaient devenus obligatoires.

Mais pour le Premier ministre, ce n’est pas la faute au tourisme. Pour lui, la propagation du virus en Grèce, comme dans les autres pays d’Europe, est surtout due au non respect de la distanciation sociale « lors des sorties de jeunes ».

« Certains ont miné la santé de la majorité », a-t-il fustigé devant les députés, évoquant aussi les transports publics débordés.

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