Un déficit record de 363,4 milliards pour la prochaine année, selon le DPB

Raphaël Pirro
Malgré des perspectives économiques plus roses que prévu, le directeur parlementaire du budget (DPB) estime que les dépenses du gouvernement libéral pour stimuler l’économie contenues dans le prochain budget pourraient faire exploser le déficit.
Selon toutes les indications, la ministre des Finances, Chrystia Freeland, envisage toujours de se servir du trésor public pour alimenter la relance, alors que le Canada prévoit un déficit record d’un peu plus de 363,4 milliards $, déjà alourdi à cause des mesures de soutien pour lutter contre la pandémie.
Des dépenses supplémentaires entre 70 et 100 milliards $ non contenues dans le calcul du DPB pourraient pousser le déficit structurel au-delà des 400 milliards $.
«Si les mesures budgétaires se traduisent par de nouveaux programmes permanents financés par un déficit, la trajectoire viable de la dette par rapport au PIB que nous prévoyons à moyen et à long terme pourrait être inversée», avertit Yves Giroux, le DPB.
Une reprise plus rapide que prévu
Toutefois, une reprise économique plus rapide que prévu devrait réduire les dépenses liées à la pandémie et faire réduire graduellement le déficit.
«Les perspectives de l’économie canadienne se sont grandement améliorées en comparaison avec notre rapport de septembre 2020», écrit le DPB.
Trois raisons principales sont évoquées: l’arrivée et l’administration plus tôt que prévu de vaccins efficaces, la hausse du cours des produits de base et une relance plus vigoureuse aux États-Unis.
«Malgré des résultats plus faibles que prévu dans la deuxième moitié de 2020, nous prévoyons maintenant une reprise plus forte de l’économie canadienne avec le PIB réel qui retrouvera son niveau d’avant la crise plus tard dans l’année», poursuit-il.
Entre le présent rapport et celui de novembre dernier, le PIB réel (défini par le produit intérieur brut évalué à prix constants en soustrayant l’impact de l’inflation) a été réévalué à la hausse, gagnant près d’un point de pourcentage complet en 2021 et 2022.
La reprise canadienne s’inscrit dans un mouvement de reprise mondiale de l'économie, qui à son tour est fortement liée à la remontée du cours du pétrole. Le prix du baril de pétrole des sables bitumineux canadiens, le Western Canada Select, prendrait du galon, et s’établirait en moyenne à 47 US $ de 2021 à 2025.
«Ces nouvelles perspectives prévoient, en fait, que l’économie se remettra du choc négatif qu’elle a subi en 2020 à la suite de la chute des prix du pétrole», écrit le DPB.
Celui-ci évalue donc une croissance moyenne du PIB nominal de 3,7 % par an entre 2022 et 2025. Il s’agit du même niveau de croissance que l’on prévoyait en 2019 pour la même période.
Si la croissance du PIB réel prévue pour 2021 est de 5,6 %, le rythme devrait ralentir pour s’établir à 3,7 % en 2022, à 1,8 % en 2023 et à 1,6 % en 2024-2025.