«On veut laisser les industriels rentrer dans les érablières», dénonce le PQ
L’opposition a réagi au cri du cœur d’un acériculteur de l'Estrie de quatrième génération


Francis Halin
Le gouvernement Legault fait mal aux producteurs de sirop d’érable avec son nouveau régime forestier, qui met souvent les terres publiques à la disposition des grandes entreprises plutôt qu’aux acériculteurs, dénonce le Parti québécois (PQ).
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«Quand on autorise les industriels à rentrer dans les érablières, on met en péril un patrimoine collectif sur les terres publiques», a déploré Sylvain Roy, porte-parole du PQ pour les dossiers d’agriculture et de forêts.
Vendredi, Le Journal racontait l’histoire d’un acériculteur de quatrième génération de La Patrie, qui accuse Québec de laisser les forêts publiques aux papetières, alors que l’industrie du sirop d’érable a cruellement besoin de ces forêts pour sa croissance.
Or, pour le député péquiste, qui a lui-même été propriétaire d’une érablière et d’une cabane à sucre, le gouvernement Legault fait fausse route en voulant augmenter les surfaces de coupes de cette façon sur le territoire québécois.
«On veut laisser les industriels rentrer dans les érablières. Pas juste ceux qui font du papier, mais aussi ceux qui font du bois franc, qui est un produit extrêmement rentable», a souligné le Sylvain Roy, député de Bonaventure.
150 ans avant de repousser
Selon lui, Québec se tire dans le pied avec sa nouvelle stratégie et réduit le potentiel de développement acéricole au profit d’industriels.
«Une érablière, ça prend 100 ans ou 150 ans avant de se régénérer alors qu’une épinette, ça prend 30 ans ou 40 ans», s’est-il insurgé. «On favorise les multinationales au détriment des petits joueurs», a-t-il ajouté, exaspéré.
Rappelons qu’hier, le PDG du Conseil de l’industrie forestière du Québec, Jean-François Samray, s’était montré étonné par les propos de l’acériculteur de l’Estrie.
«Je ne connais pas grand monde dans le secteur des pâtes et papier qui va faire du papier avec de l’érable à sucre», avait-il illustré au Journal, en qualifiant la sortie du producteur de sirop d’érable de «tempête dans un verre d’eau».