Le premier bulletin scolaire reporté en janvier

Québec annonce des changements dans l’évaluation des élèves en raison de la pandémie

Photo portrait de Daphnée  Dion-Viens

Daphnée Dion-Viens

2020-10-08T14:36:28Z
2020-10-08T18:16:19Z

Les élèves auront deux bulletins plutôt que trois cette année, en raison de la COVID-19 qui chamboule le quotidien dans les écoles. Le premier bulletin sera transmis en janvier, plutôt qu’en novembre comme à l’habitude.

• À lire aussi: Des profs réclament l’annulation des examens ministériels de fin d’année

• À lire aussi: Des enseignants réclament un bulletin allégé ou reporté

Le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge en a fait l’annonce dans une lettre transmise aux acteurs du réseau scolaire jeudi.      

  • ÉCOUTEZ l'entrevue avec Jean-François Roberge, ministre de l’Éducation, sur QUB radio :

«Dans l’année particulière que l’on vit, les enseignants et les élèves avaient besoin d’un allègement pour réduire la pression qu’apportent certaines évaluations et d’avoir davantage de temps pour faire du rattrapage, a affirmé au Journal le ministre Roberge. On veut laisser les enseignants enseigner.» 

Le premier bulletin, qui était prévu en novembre, devra être produit d’ici le 22 janvier et le deuxième, au plus tard le 10 juillet. Ils compteront chacun pour 50% de la note finale de l’élève.  

Publicité

Ce report permettra de faire diminuer la pression dans les rangs des élèves, indique le ministre Roberge.  

«On a des échos qui nous disent que certains élèves sont inquiets, angoissés par rapport à leurs notes parce qu’ils sont conscients qu’ils sont en train de faire du rattrapage, affirme-t-il. On n’a pas besoin de ce stress supplémentaire à ce moment-ci, dans ce contexte particulier.» 

  • ÉCOUTEZ le psychologue Camil Bouchard avec Geneviève Pettersen sur QUB radio:   

Rencontres de parents

Cet automne, une première communication écrite sera transmise aux parents d’ici le 20 novembre et sera accompagnée d’une rencontre avec l’enseignant. 

Ces rencontres pourront se faire par téléphone, visioconférence ou en présence, si le contexte le permet. 

«Les rencontres de parents qui se tiennent habituellement en novembre dans le cadre de la remise du premier bulletin revêtent une importance encore plus grande cette année», indique le ministre Roberge dans sa missive. 

Les enseignants devraient également se rendre disponibles en avril pour rencontrer à nouveau les parents, entre les deux bulletins. 

Examens ministériels

Par ailleurs, aucun changement n’est annoncé concernant les épreuves ministérielles de fin d’année en quatrième et cinquième secondaire, qui se dérouleront comme à l’habitude.  

Au primaire et au début du secondaire, leur durée sera toutefois réduite. Ces évaluations compteront cette année pour 10% de la note finale, plutôt que 20%. 

Publicité

Le ministre indique que ces ajustements sont «finaux» et ne prévoit pas devoir en faire d’autres en cours d’année. 

Moins d’examens

M. Roberge invite, par ailleurs, les écoles à diminuer les évaluations locales «dans le but de faire preuve ensemble d’une plus grande souplesse en cette année d’exception, et ainsi réduire la pression sur les élèves et le personnel scolaire». 

Décision «difficile», mais «nécessaire»

À la Fédération des comités de parents du Québec (FCPQ), on accepte cette «décision difficile», mais «nécessaire». 

«Pour beaucoup de parents, le bulletin est la seule communication de la part de l'équipe-école concernant la réussite scolaire de leurs enfants. Il faut absolument qu'il y ait d'autres communications pour permettre aux parents de soutenir leurs jeunes dans leurs apprentissages», affirme son président, Kévin Roy. 

Ces changements répondent aux demandes des syndicats d’enseignants, qui réclamaient moins d’évaluations afin de consacrer davantage de temps au rattrapage scolaire et à l’enseignement, dans le contexte actuel. 

La Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE) accueille ces mesures avec «soulagement», en rappelant que les enseignants avaient lancé un véritable «cri du cœur» à ce chapitre. 

La FSE réclame par ailleurs que l’enseignement des contenus en éducation à la sexualité, en orientation scolaire et en réanimation cardiorespiratoire soient suspendus cette année, afin de se concentrer sur les savoirs essentiels. 

De son côté, la Fédération autonome de l’enseignement (FAE) aurait aimé que les directives de Québec soient plus claires concernant les examens gérés localement, par les centres de services scolaires. 

«On leur demande de les diminuer, mais ça reste un vœu pieux. On pense que même en contexte normal, ce n’est pas nécessaire, alors c’est sûr que dans le contexte actuel, il ne devrait pas y en avoir», affirme sa vice-présidente, Nathalie Morel.

Publicité