Vaccination: le président du Grand Est en France dénonce «un scandale d'État»

AFP
Strasbourg | Le président de la région française du Grand Est, où la situation épidémique est particulièrement alarmante, a dénoncé lundi «un scandale d'État» sur la lenteur de la campagne de vaccination contre la COVID-19 en France.
«Je considère qu'aujourd'hui on est face à un scandale d'État», a déclaré Jean Rottner, membre du parti Les Républicains (LR, droite), interrogé sur la chaîne publique France 2 à propos de la stratégie du gouvernement en matière de vaccination.
«On poursuit une politique qui a fait la preuve de son échec par le passé: les masques, les tests, aujourd'hui, la vaccination», a-t-il ajouté, montrant du doigt «une forme d'impréparation, d'irresponsabilité».
Face aux doutes de certains Français sur la vaccination, «ils ont un gouvernement qui fait l'éloge de la lenteur à certains moments et depuis hier, hyperaccélère», a déclaré le président de la région Grand Est, médecin de formation et qui s'est fait particulièrement entendre depuis le début de la pandémie.
«On se moque de nous. Aujourd'hui, se faire vacciner, cela devient plus compliqué que d'acheter une voiture», a-t-il critiqué, ajoutant que son objectif était d'avoir «des morts en moins et des gens qui souffrent en moins».
«Il faut que les choses s'accélèrent, être extrêmement transparents vis-à-vis des Français», a réclamé Jean Rottner, demandant «officiellement» que les collectivités locales puissent, «une fois les stocks européens écoulés, être à l'origine de commandes de vaccins» et que soit permis «à tous les professionnels de santé de vacciner».
«Les Français ont besoin de clarté, de messages sûrs, d'un gouvernement qui sait où il va et il ne donne pas cette impression-là», a encore déclaré le président de la région Grand Est.
Pour faire face à des chiffres épidémiologiques inquiétants dans l'Est du pays notamment, le couvre-feu a été renforcé depuis samedi dans 15 départements. Environ six millions de Français ne peuvent plus sortir de chez eux après 18h (17h GMT) dans la partie Est du pays, sauf dérogations.
Le gouvernement français a été vivement critiqué pour une trop grande lenteur dans la campagne de vaccination, notamment par rapport à l'Allemagne voisine. Au 1er janvier, seules 516 personnes avaient été vaccinées, selon le ministère de la Santé, dans le pays où le coronavirus a déjà fait plus de 65 000 morts.
«On ne peut pas envisager de rester sur ce rythme. Les calculs laissent envisager qu'il faudrait 3000 ans pour être vaccinés», avait regretté dimanche sur BFMTV le Pr Bruno Megarbane, chef du service de réanimation médicale et toxicologique de l'Hôpital Lariboisière à Paris.
Jeudi, lors de ses traditionnels vœux de fin d'année aux Français, le président Emmanuel Macron avait promis qu'il ne laisserait pas une «lenteur injustifiée s'installer».