COVID-19: le retrait préventif des employés à risque réclamé
Agence QMI
La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) reproche aux gestionnaires du réseau public de faire travailler des employés à risque d’avoir des complications liées à la COVID-19 en raison des pénuries d’emploi.
Selon la CSQ, les règles sanitaires en vigueur actuellement doivent être resserrées de façon à ce que l’accent sur le terrain soit davantage mis sur la pandémie que sur l’absence de main d’œuvre. Elle en appelle à la responsabilité du gouvernement et de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ).
«Le manque de personnel est tellement criant que, sur le terrain, la priorité est trop souvent donnée à la pénurie avant la pandémie», a déploré jeudi dans un communiqué Sonia Ethier, présidente de la CSQ qui suggère à Québec d’améliorer urgemment les conditions de travail.
Cette dernière est d’avis que certains gestionnaires «ont actuellement une interprétation plus que douteuse des règles pour protéger les personnes à risque» en raison de certains flous.
Selon la centrale syndicale, les règles sanitaires édictées par l’INSPQ sont censées assurer la protection des personnes à risque comme les femmes enceintes, des personnes immunosupprimées ou, encore, atteintes de maladies chroniques.
Au contraire, allègue-t-on, elles permettent actuellement à plusieurs employeurs ainsi qu’à la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) de les maintenir en poste en éducation, en petite enfance ou en enseignement supérieur.
«Des cas rapportent que, plutôt que d’être mises en retrait préventif ou en télétravail, des enseignantes enceintes ont été invitées à passer leurs journées entières derrière des barrières en plastique et à les déplacer avec elles au besoin», illustre la CSQ.
Pour la présidente, «devant l’inacceptable, il faut que l’INSPQ resserre ses règles dès maintenant».
L’exemple des deux mètres est évoqué. «Il faut ne pas avoir mis les pieds dans une classe depuis longtemps pour croire qu’une barrière physique peut être appliquée de façon permanente pour le personnel à risque en éducation et en enseignement supérieur», a fait savoir Sonia Ethier.
La CNESST a d’ailleurs tenu à faire le point jeudi en déplorant la publication «d'informations erronées dans le réseau scolaire». La Commission a ainsi fait savoir qu’elle n’a pas publié de nouvelles directives depuis celles émises au printemps. Conséquemment, cette Trousse d'outils à l'attention du réseau scolaire, disponible en ligne, «demeure et s'applique toujours intégralement».