LeBron James critiqué pour son refus de dire s’il va se faire vacciner contre la COVID-19

AFP

AFP

2021-03-10T21:55:11Z

La superstar des Lakers, LeBron James, qui a refusé de dire s’il se ferait vacciner contre la COVID-19, arguant que cela relevait de « la sphère privée », se voit à présent reprocher de ne pas vouloir montrer l’exemple auprès de la communauté afro-américaine. 

• À lire aussi: Un barbier afro-américain coupe court aux préjugés sur la COVID-19

Interrogé dimanche, en marge du All-Star Game, sur sa volonté de se faire vacciner ou pas lorsque viendra son tour, James a répondu : « C’est une discussion que ma famille et moi aurons. Et je pense que cela restera probablement dans la sphère privée ». 

La veille, tout en assurant qu’il ne rendrait pas la vaccination obligatoire pour les joueurs, le patron de la NBA, Adam Silver, avait estimé que la plupart choisiraient tout de même de s’y soumettre. Il avait aussi espéré que la ligue puisse continuer à servir de plateforme de sensibilisation.

L’instance a déjà commencé cette campagne, avec des publicités impliquant certaines icônes de la NBA, comme l’entraîneur de San Antonio Gregg Popovich (72 ans), l’ancienne gloire des Celtics Bill Russell (87 ans) et celle des Lakers, Kareem Abdul-Jabbar (73 ans), tous trois vaccinés. 

Mais une appréhension persiste parmi les vedettes actuelles, selon la directrice du syndicat des joueurs (NBPA), Michele Roberts, qui a affirmé à Yahoo Sports que leurs réponses quant à la possibilité de se faire vacciner allaient de « Non, je ne le ferai pas » à « Pourquoi ne pouvons-nous pas le faire plus tôt ? ».

Publicité

Coéquipier de James parmi les Lakers, Jared Dudley a affirmé sur Twitter qu’il était peu probable que des sportifs en bonne santé se précipitent « sans suffisamment de recherches effectuées au préalable ». James Harden (Brooklyn) et Donovan Mitchell (Utah) ont également confié être indécis.

« Rôle essentiel »

Ces réticences de la part des joueurs, dont les trois quarts sont noirs en NBA, en reflète une plus large encore au sein de la communauté afro-américaine dans le pays.

Une des raisons se trouve dans l’histoire même des États-Unis, qui a mené plusieurs expériences médicales sur les Noirs, la plus notoire étant celle de Tuskegee, en Alabama, où, entre 1932 et 1972, des Afro-Américains ont servi de cobayes à leur insu pour des études sur les effets de la syphilis.

Plusieurs voix appellent donc James à reconsidérer sa position et à afficher son soutien au vaccin, étant donné l’impact mortel de la COVID-19 dans les communautés minoritaires. 

Selon les Centres américains de prévention et de lutte contre les maladies (CDC), les Afro-Américains ont 1,4 fois plus de risque de contracter la COVID-19, 3,7 fois plus de risque d’être hospitalisés après infection et 2,8 fois plus de risque d’en mourir que la population caucasienne.

Stephen A. Smith, célèbre analyste d’ESPN, a ainsi rappelé que James était une « figure incroyablement influente ». « Il a pris des positions sur beaucoup, beaucoup, beaucoup de sujets importants pour notre communauté. Et si vous avez pu vous exprimer sur ces sujets, vous devriez peut-être penser à vous exprimer sur celui-ci. Parce qu’il est qui il est, et qu’il sait qui il est, ce n’est pas le moment de garder cela privé. » 

Abraar Karan, médecin à l’hôpital de la Faculté de médecine de Harvard, a insisté sur le « rôle essentiel que les sportifs comme James pourraient avoir ». « S’ils se font vacciner, il est important de penser au message public qui vient avec. Ils peuvent jouer ce rôle de leader et aider les gens à se sentir en sécurité avec le vaccin », a-t-il affirmé sur TMZ.com.

Publicité