Le sort s’acharne sur un Français venu jouer au football au Québec

Frédéric Marcoux / AGENCE QMI

Frédéric Marcoux

2020-10-31T15:00:00Z

Un étudiant français venu au Québec il y a près d’un an pour jouer au football n’a toujours pas disputé un seul match en raison de la COVID-19, qu’il a dû en plus affronter chez lui sur une base quotidienne. 

Maxime De Meyere aurait certainement préféré un autre dénouement après avoir quitté la banlieue parisienne en décembre 2019. L’étudiant en Sciences humaines au Cégep de Drummondville a difficilement encaissé le choc, à la fin septembre, lorsque son entraîneur lui a annoncé que les Voltigeurs ne joueraient pas cet automne.

«Lorsque j’ai appris qu’il n’y aurait pas de saison, cela m’a fait un coup au cœur et j’ai pleuré», a confié au téléphone celui qui évolue à la position de demi à l’attaque. «Je n’étais plus certain de ce que je voulais. J’ai songé pendant une semaine à retourner en France avec ma famille, mais j’aime trop le football pour m’en aller. J’aurais le sentiment d’avoir commencé un projet sans le terminer. Je n’aime pas le travail inachevé.»

Comme un malheur ne vient jamais seul, le jeune homme âgé de 19 ans a appris que son colocataire a été déclaré positif à la COVID-19. Même s’il n’a pas eu à subir de test, le footballeur a dû respecter les consignes.

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«J’étais en isolement préventif du 12 octobre au 24 octobre, explique Maxime De Meyere. Nous vivons dans un deux et demi, donc je suis sûr que j’ai eu la COVID-19. Il n’y a aucun doute. J’avais quelques symptômes et je viens de retrouver l’odorat récemment.»

Sa famille n’était pas trop inquiète. La situation est également problématique dans l’Hexagone. Il ne se serait pas nécessairement senti à l’abri même s’il avait traversé cette épreuve avec ses proches.

«C’est un peu n’importe quoi, ce qui se passe en France présentement avec la contamination et les différentes mesures, a souligné l’étudiant-athlète. Mes parents étaient surpris que ça m’arrive ici. Ils se disaient que tout irait bien si je suivais les consignes. Ils m’appellent tous les jours pour avoir de l’information sur mon état de santé.»

«C’était difficile, mais le fait d’avoir un colocataire québécois qui a vécu la même chose que moi m’a aidé beaucoup», a-t-il dit.

Malgré tout, le jeune homme garde le moral. Il a les yeux rivés sur la prochaine saison en Division 3. Son objectif est de se démarquer pour mériter sa place dans les rangs universitaires dans deux ans.

D’ailleurs, malgré sa malchance, il a toujours tout mis en œuvre pour progresser. Maxime De Meyere a continué de s’entraîner chez lui avec des moyens limités lors de sa quarantaine.

«J’ai continué de suivre un plan d’entraînement à la maison, a-t-il fait savoir. Comme le dit mon entraîneur-chef, nous sommes un programme d’excellence à Drummondville. Je trouvais ça important de le faire pour garder la forme [...]. Mon objectif est de bosser encore plus fort pour avoir une bonne saison l’an prochain.»

Maxime De Meyere, qui pratique le football depuis maintenant quatre ans, s’inspire de compatriotes qui ont connu du succès à un haut niveau, comme Sébastien Sejean, Maxime Rouyer et Boris Bede, lesquels ont attiré l’attention dans les rangs professionnels. La Ligue canadienne de football (LCF) a d’ailleurs modifié sa réglementation pour permettre aux équipes de compter sur un joueur international au sein de leur formation. Depuis 2019, la LCF tient un repêchage européen.

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