Arrestation musclée: le SPVM fait l’objet d’une poursuite
Yves Poirier | TVA Nouvelles
Une semaine après la diffusion de vidéos montrant l’arrestation de deux adolescents par la police de Montréal après une bagarre à l’école, TVA Nouvelles a appris mardi que les familles des jeunes concernés par l’intervention du 10 juin vont poursuivre le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).
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En entrevue, l’avocat des familles, Me Fernando Belton de la Clinique juridique de Saint-Michel, a expliqué qu’il entend prouver au civil qu’il y a eu force abusive.
«Ce qu’on a vu est préoccupant et inconcevable. On ne peut pas aujourd’hui continuer à motiver ou cautionner ces comportements de la part des forces de l’ordre. La question que je pose aujourd’hui c’est : “À quel point on a besoin d’utiliser la force pour maîtriser des jeunes, des enfants, qui ne représentent pas un danger pour les policiers, qui ne sont pas en train de se débattre et qui ne sont pas en train de résister?”», explique l’avocat.
Il précise aussi que malgré qu’un «teaser» ait été saisi, il est encore impossible de savoir auquel des deux jeunes l’arme appartenait.
«Ces jeunes-là n’ont pas été arrêtés parce qu’ils avaient une arme sur eux. Ils n’ont pas reçu de sommation à la cour ni de promesse de comparaitre. Ils n’ont pas été arrêtés. Ils ont reçu des contraventions, un pour avoir traversé au mauvais endroit et un autre pour avoir émis du bruit parce que le policier avait tout son poids sur son cou», précise Me Belton.
Le 10 juin, le SPVM a répondu à un appel pour une bagarre entre jeunes dans le quartier Villeray.
Dans l’une des vidéos de l’intervention, on voit un individu être maîtrisé au sol et il semble que le genou d’un agent soit appuyé sur son cou.
Ces images sont qualifiées de « préoccupantes » par le cabinet de la mairesse Valérie Plante.
Rappelons que le conseil municipal avait adopté en août 2020 une motion pour interdire au SPVM d’employer « toute technique empêchant la personne visée de respirer [...] sauf en cas de dernier recours », à la suite de la mort par asphyxie de l’Afro-Américain George Floyd, maîtrisé au cou par le genou du policier Derek Chauvin aux États-Unis.