Le Super Bowl demeure un désastre environnemental, même si le stade sera alimenté à l’énergie solaire


Anne-Sophie Poiré
Le Super Bowl 2024 sera entièrement alimenté par des énergies renouvelables, une première dans l'histoire de l'événement reconnu pour ses fortes émissions de gaz à effet de serre (GES), ailes de poulet, publicités et jet privés obligent. Les efforts pour verdir la grande fête du football américain seront-ils suffisants?
Les 49ers de San Francisco et les Chiefs de Kansas City s’affronteront dimanche soir au stade Allegiant de Las Vegas. Toute l’électricité utilisée pour alimenter le bâtiment provient d’une vaste ferme de plus de 621 000 panneaux solaires brillant au milieu du désert du Nevada. Cette nouvelle installation, qui appartient au service public NV Energy, a la capacité d'alimenter près de 60 000 clients résidentiels ou un très grand stade, comme celui de Las Vegas, qui peut accueillir 65 000 personnes.

Les Raiders de Las Vegas, qui ont élu domicile au stade Allegiant, ont conclu un accord de 25 ans pour y acheter de l'électricité.
La climatisation, l'entretien du terrain, la vente de nourriture, de boissons, l’éclairage et toute la fanfare qui accompagnera la vedette du R&B Usher, au spectacle de la mi-temps, demanderont plus de 10 mégawatts d'électricité, soit la consommation énergétique d’environ 46 000 foyers.

Un événement très polluant
Mais l'empreinte carbone associée au Super Bowl ne s’arrête pas à la consommation d'énergie du stade et du spectacle.
Les déplacements des quelque 1000 avions privés attendus dans les aéroports de la région de Las Vegas produiront des émissions de dioxyde de carbone (CO2) équivalentes à celles de 350 000 voitures en une semaine, selon le New York Times.
L'un de ces vols pourrait d’ailleurs conduire Taylor Swift d'un concert à Tokyo pour encourager son petit ami, Travis Kelce, qui joue pour les Chiefs.
Autre élément qui pèse lourd dans les émissions engendrées par l’événement sportif: la consommation d’ailes de poulet. Dans son rapport annuel, le National Chicken Council prévoit que 1,45 milliard d'ailes seront consommées pendant le Super Bowl 2024.

Ces statistiques ont de quoi contenter les éleveurs de volaille, certes, mais elles sont bien moins réjouissantes pour le bilan carbone.
Considérant que la production de 100 grammes de poulet — de deux à quatre ailes selon la marque — génère 5,7 kilogrammes de CO2, la grignotine préférée des amateurs de football sera responsable de l’émission de 2 à 4,2 millions de tonnes de CO2, seulement aux États-Unis.
Il est également intéressant de souligner le coût environnemental des fameuses publicités du Super Bowl. En 2021, elles ont produit autant de GES que 100 000 Américains, soit environ 2 millions de tonnes de CO2, selon le site Carbon Credits.